Le Blog de Gnona

L’Economie africaine au quotidien

UE-AO: Des doutes sur la signature de l’APE

Posté par gnona le 06 Tue, 16 Jun 2009 10:11:15 +000015 23, 2007

 En marge du forum sur la gouvernance économique et l’intégration régionale qu’elle a tenu, du 10 au 11 juin au siège de la Fondation Friedrich Ebert, la plate forme des organisations de la société civile du Bénin (PASCIB) a tenu une conférence de presse, pour se prononcer sur les derniers développement des négociations d’Accord de partenariat économique. Le moins qu’on dire est que la signature du texte de l’APE, le 30 juin 2009, est hypothéquée.

L’échéance de signature de l’Accord de partenariat économique fixée pour le 30 juin 2009 reste improbable, à en croire la plate-forme des organisations de la société du Bénin (PASCIB). Selon la société civile béninoise, ce report probable de l’échéance serait, pour une fois, de la faute de la partie européenne qui ne serait pas encore prête à accepter les propositions de la région Afrique de l’Ouest censé aboutir à un accord profitable pour la région. « Le respect ou on de l’échéance du 30 juin 2009 dépend en grande partie du degré de flexibilité dont feraient preuve les négociateurs européens pour accepter des compris utiles ; notamment en ce qui concerne l’offre d’accès au marché pour laquelle l’Afrique de l’Ouest opte une libéralisation de 60% à mettre en œuvre sur une période de 25 ans », a indiqué Abel Gbètoénomon, secrétaire général de la PASCIB au cours d’une conférence de presse. Selon lui, contrairement aux arguments des négociateurs européens qui exigent de la région une libéralisation à 80% et un délai de mise en œuvre n’excédent pas 15 ans, l’offre d’accès aux marchés soumise par l’Afrique de l’Ouest est non seulement compatible avec les règles de l’Omc (Organisation mondiale du commerce) mais surtout adaptée aux besoins de développement de la région. A titre d’exemple, il évoque l’accord entre les Etats-Unis et le Maroc, dont le délai de mise en œuvre est de 25 ans, a été notifié comme accord commercial régional et accepté par les membres de l’Omc. Présent à cette conférence de presse, Cheikh Tidiane, négociateur au titre de la société civile ouest-africaine a confirmé que les lignes n’ont pas beaucoup bougé à la réunion de Cotonou. Il en déduit qu’il n’y aura pas d’APE le 30 juin d’autant que l’Union européenne ne semble pas encore prête à faire des compromis. En dehors de l’offre d’accès aux marchés, les autres points de divergences concernent notamment le rejet par la région Afrique de l’Ouest de la clause de la Nation la plus favorisée que l’Union européenne veut introduire dans le texte de l’accord. « C’est une manière pour l’Union européenne de nous empêcher d’avoir des accords commerciaux plus bénéfiques avec des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil », dénonce Cheikh Tidiane. L’Union européenne veut également supprimer les prélèvements communautaires et rejette la proposition de la région de se réserver le droit de remettre en cause certaines dispositions de l’accord lorsqu’une nécessité de l’intégration l’impose. Le financement de l’APE pour le développement pose aussi problème dans la mesure où l’Union européenne soutient qu’elle ne dispose d’aucun instrument pour financer le projet de 9,5 milliards d’euros que la région lui a soumis. La semaine prochaine, une nouveau round de négociation va s’ouvrir à Bruxelles, cette fois-ci, entre les négociateurs en chef des deux régions. La PASCIB réitère son soutien aux négociateurs ouest-africains, « les invitant à rester fermes et vigilants pour passer avec succès le cap de cette dernière ligne droite. »

Par Gnona

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Nouveau découpage territorial :Yayi est-il vraiment sérieux ?

Posté par gnona le 06 Wed, 10 Jun 2009 11:18:12 +000012 23, 2007

Le nouveau découpage territorial proposé par le gouvernement soulève de nombreuses interrogations quant à la pertinence de l’approche. Visiblement, le choix de 29 départements semble créer plus de problèmes qu’il n’en règle.

Ouvrir le débat sur le découpage territorial est a priori un exercice audacieux, à mettre à l’actif du régime actuel. Contrairement à ses prédécesseurs, Boni  Yayi a eu le courage politique de crever l’abcès de l’épineuse question de création de nouveaux départements qui s’est toujours heurtée aux querelles autour de la nomination des chefs lieux de département. Pourtant, il s’agit d’une réforme importante devant accompagner le processus de décentralisation enclenché depuis le début des années 1990 dont la consécration a été les premières élections communales et municipales tenues en décembre 2002 et janvier 2003. Alors que ces nouveaux départements ont été prévus par les lois sur la décentralisation, la première mandature des élus locaux s’est déroulée sous la tutelle de préfets qui, dans les faits, géraient les six anciens départements du pays. L’avènement de nouveaux chefs-lieux de département, après les communales et municipales de 2008,  était devenu un enjeu important pour mieux asseoir l’administration à l’intérieur du pays et accompagner les communes dans ce nouveau processus de décentralisation.
Une réforme n’arrange jamais tout le monde. En confiant à la Commission Adjaho, la mission de lui proposer un nouveau découpage territorial « plus ambitieux », le gouvernement semble pas analyser en profondeur les tenants et aboutissants de ce dossier sensible qui, en réalité, bute sur la question de désignation des chefs-lieux. Autrement, il aurait dû demander à la Commission de lui proposer seulement les chefs-lieux des six nouveaux départements inscrits dans les lois sur la décentralisation. Mais, en voulant créer de nouveaux départements, le gouvernement, sans le savoir, a ouvert la boîte de Pandore. Avec le projet de 12 départements, la contestation était circonscrite à deux départements, les Collines et dans une moindre mesure l’Atlantique. Mais lorsque la commission Adjaho a proposé 21 départements avec leurs chefs-lieux respectifs,  la contestation s’est élargie à d’autres régions. Pour apaiser les tensions, le gouvernement a cru devoir porter le nombre à 29. C’est devenu maintenant un tollé général au point où certains observateurs qui suivent la situation, avec beaucoup de railleries, se demandent si le gouvernement ne va pas finir par créer 77 départements. Le mutisme de l’opposition sur ce dossier devra normalement constituer un motif d’inquiétude pour le gouvernement.

Avons-nous les moyens de notre politique ?
Si au plan politique, le gouvernement semble emprunter une voie qui va le conduire vers une impasse, la question reste de savoir si l’Etat béninois a aujourd’hui les ressources humaines, techniques et financières pour générer 29 départements. Vouloir répondre par l’affirmative, c’est, à notre point de vue, verser dans la démagogie. Décréter 29 départements est une chose, mais mettre en place toutes les structures administratives dignes d’un chef-lieu de département en est une autre. D’abord, avant de parler de 29 départements, le gouvernement devrait faire un audit administratif des structures départementales actuelles pour se rendre compte du problème de personnel qui mine les services déconcentrés de l’Etat. Dans certaines de ces structures, le personnel est parfois réduit au directeur départemental, la secrétaire, le comptable et le gardien. Quelle qualité de service ce personnel pourrait-il rendre si le directeur qui est sollicité, presque tous les jours, pour des réunions, doit, en même temps, jouer le rôle des chefs-service. Selon nos calculs, l’Etat devra, au regard de la nomenclature actuelle du gouvernement, créer 667 nouvelles directions départementales et 23 nouvelles préfectures. C’est une charge lourde à porter par le budget national surtout à une période où les bailleurs tirent la sonnette d’alarme sur les recrutements massifs dans la fonction publique béninois qui risquent de déstabiliser les équilibres macro-économiques du pays.
En optant pour la création de 29 départements, sous le prétexte de rapprocher l’administration des populations, le gouvernement semble remettre en cause les fondements même de la décentralisation qui prône le transfert des compétences aux communes pour bâtir le développement à la base. Cette ambition de quintupler les départements ne devrait pas se manifester si l’Etat avait transféré les ressources aux collectivités territoriales et favorisé l’autonomie recommandée par la loi, aux communes.  Même l’administration Obama commet des erreurs, il n’est pas encore tard pour le gouvernement de revoir sa copie.
Toutefois, il reste une étape importante à franchir par le projet gouvernemental : le quitus de l’Assemblée nationale. A ce niveau, l’arithmétique parlementaire en perpétuelle modification n’autorise aucune certitude. Frileux par rapport aux visées  politiques que comporterait le projet, les députés pourraient le mettre en quarantaine, à moins que les partisans du Chef de l’Etat, au moment des débats, soient maîtres de la situation. Par ailleurs, la pertinence ou non du projet peut s’apprécier à l’aune de l’impératif de la réduction du train de vie de l’Etat, surtout dans le contexte actuel fait de crise économique que notre pays a du mal à supporter.

Par Gnona
 

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Crise financière et économique:Le Nigéria éternue, le Bénin s’enrhume

Posté par gnona le 05 Tue, 26 May 2009 17:09:57 +000057 23, 2007

L’onde de choc de la récession économique du Nigéria commence à se répandre sur le Bénin qui tire une part importante de ses devises des échanges commerciaux florissants avec le Géant de l’Est.

C’est un secret de polichinelle d’affirmer que le Bénin est économiquement  dépendant du Nigéria. Et dans ce nouveau contexte de crise financière et économique mondiale, cette dépendance se manifeste de façon très négative sur l’économie béninoise. Il y a quelques semaines, le Chef de l’Etat, en personne, a tenu une séance de travail, avec les services de la douane béninoise, étant préoccupé de la chute des recettes douanières au premier trimestre de l’année 2009. Cette situation n’est en réalité que la conséquence logique de la récession économique qui s’ouvre au Nigéria et qui se traduit par une baisse sensible de la demande dans ce pays riche d’environ 150 millions de consommateurs.
Le recul de la demande des matières premières, induite par la crise, a entraîné une chute brutale du cours des prix du pétrole brut au cours de ces derniers mois. Cette baisse accélérée du cours du brut a fortement grevé l’économie du Nigéria, premier producteur africain et 6è mondial, dont le pétrole occupe plus de 95% des recettes d’exportation. La perte considérable des revenus pétroliers, pendant ces derniers mois, a eu un effet d’entraînement sur les autres segments de l’économie du géant de l’Est, notamment de l’industrie automobile et le secteur textile. Aujourd’hui, Peugeot Nigeria est au bord de la faillite avec plus 25.000 emplois menacés. Autre signe frappant de cette récession économique, la bourse des Valeurs du Nigéria (NSE) dont les mérites sont vantés, depuis la réforme sur la recapitalisation des banques nigérianes, aurait enregistré une perte de plus de 10 milliards de dollars du fait de la crise. La fronde sociale bat son plein et les grèves perlées des puissants syndicats nigérians ne sont pas de nature à calmer la tempête.
Ce scénario catastrophe qui éponge une décennie de croissance forte dans la République fédérale étale déjà ses tentacules sur le Bénin, taxé « d’Etat-entrepôt du Nigéria ». La baisse des recettes douanières est un fait mais reste à évaluer l’impact réel de la récession économique nigériane sur le Bénin.
Selon le Laboratoire d’analyses régionales et d’expertise sociale (LARES) du Professeur John Igué, la réexportation procure plus du tiers des recettes douanières et environ 14% des recettes budgétaires totale. La marge brute des sociétés d’import-export de Cotonou est estimée à plus de 30 milliards de francs Cfa. Ce chiffre ne prend pas même en compte les coûts générés par l’ensemble des services liés à l’opération d’importation (port, transitaires, banques, manutention, etc.). L’addition risque donc d’être salée.

Les secteurs grippés
Parmi les secteurs menacés, celui des véhicules d’occasion occupe une place de choix. En dépit des mesures d’interdiction prises par le Nigéria depuis 2002, ce pays reste la principale destination des véhicules dits « venus de France ». Les récentes statistiques du ministère en charge de l’économie maritime indiquent que plus de 80% des véhicules parqués sur les sites de Sèkandji et Ekpè sont achetés par les Nigérians. Lorsqu’on sait qu’en deux ans, ce commerce a rapporté plus de 46 milliards francs Cfa au cordon douanier, il y a lieu de s’inquiéter du recul de la demande en provenance de Lagos.
Le commerce des textiles doit avoir aussi pris un coup de bambou, les textiles étant l’un des produits qui animent l’activité de réexportation vers le Nigéria. C’est donc une situation de mévente que les commerçants indo-pakistanais qui contrôlent cette activité vivent, actuellement, ainsi que les revendeurs de friperies dont plus de 90% de balles qui transitent par le port de Cotonou sont tournés vers le marché nigérian. Même son de cloche chez les importateurs des poulets congelés qui, malgré les mesures restrictives nigérianes, étaient toujours sollicités par leurs partenaires nigérians. D’autres produits alimentaires tels que les huiles, le riz, les pates alimentaires ne sont pas épargnées.
Le fait que l’économie du Bénin est arrimé à celle du Géant de l’Est comporte des avantages, mais aussi des inconvénients, en cas de problèmes. Cela se ressent d’ailleurs à chaque fois que le Nigéria prend des mesures d’interdictions et renforce surtout le contrôle sur les frontières terrestres avec le Bénin. Il s’agit donc d’un paramètre capital à analyser par la commission mise en place, la semaine dernière, par le président de la République, pour proposer des réponses de politique économique contre la crise qui n’a pas encore révélé tout son impact sur l’économie béninoise.

Par Gnona

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Présence sur le marché financier régional: Les entreprises béninoises toujours en rade

Posté par gnona le 05 Tue, 26 May 2009 16:27:39 +000039 23, 2007

Les entreprises béninoises marquent peu d’intérêt à la bourse régional des valeurs mobilières  qui offre, pourtant, des avantages certains en termes de mobilisation de l’épargne et de financement de l’économie. Nécessité de discrétion ou ignorance des opportunités du marché financier ?

Le constat est assez frappant pour peu qu’on s’intéresse au marché financier régional. Sur les 40 sociétés cotées à la bourse régionale des valeurs mobilières, rue Joseph Anoma à Abidjan, une seule porte la marque BN, identifiant du titre béninois : La Banque of Africa Bénin. Seule, cette société fait porter haut le flambeau du Bénin sur le marché financier régional, à travers les cours appréciables de ses valeurs qui comptent parmi les mieux cotées de la BRVM. Les autres grandes entreprises béninoises brillent par leur absence alors qu’elles ont pas mal d’atouts à valoir en termes mobilisation de l’épargne des citoyens de la sous-région et de financement des investissements public et privé. Pourtant quatre sociétés de gestion d’intermédiation (SGI) opèrent depuis Cotonou et participent quotidiennement à l’animation du marché financier régional.
Le peu d’intérêt qu’accordent les sociétés béninoises au marché financier régional a toujours été un sujet de préoccupation pour Nicolas Adagbé, administrateur de la BRVM qui s’en défend à chaque assemblée générale annuelle de  l’antenne de Cotonou, sis à la chambre de commerce et d’industrie du Bénin. Selon lui, la première raison est sans doute l’absence d’une culture boursière au sein de l’espace Uemoa. La BRVM a démarré ses activités, il y a seulement 11 ans, en héritant de la bourse d’Abidjan qui était constituée uniquement d’entreprises ivoiriennes.  Elle  a connu une période de balbutiement avant de retrouver l’essor qu’on lui connaît aujourd’hui. Il a fallu donc du temps pour convaincre les entreprises d’autres pays de l’espace à intégrer le marché en construction. Le Bénin serait également dans cette dynamique d’observation.

Rendez-vous manqué de la privatisation
Mais en créant ce marché régional, les autorités de la région avaient surtout misé sur la réussite des opérations de privatisation des entreprises nationales pour renforcer les rangs des sociétés cotées à la bourse. Au Bénin, aucune société privatisée ne s’est inscrite à la côte de la BRVM. Sont-elles réticentes à se soumettre aux exigences de transparence de la bourse et ont-elles peur des risques ? Aucune étude ne s’est réellement penchée sur la question. Toujours est-il que les responsables de la BRVM et les sociétés de gestion d’intermédiation (SGI) gardent toujours l’espoir que les grandes entreprises béninoises qui disposent d’ailleurs d’une solidité financière appréciable vont se rallier pour renforcer le marché. A cet effet, il est déjà annoncé une possible cotation de Bénin Télécoms, après sa privatisation. Il ne peut d’ailleurs en être autrement lorsqu’on connaît les succès éclatants enregistrés par la SONATEL (Société sénégalaise des télécommunications) dont le cours est passé de 10.000 à 200.000 francs dans un passé récent. Même des conducteurs de taxi sénégalais ont fait fortune en achetant des actions SONATEL.
Une autre raison qui justifie l’absence des entreprises béninoises sur le marché est liée au type d’entreprises dont le pays regorge. La plupart des sociétés béninoises sont non seulement des PME mais surtout des entreprises de type familial et unipersonnel, comme l’explique Jean Paul Gillet, directeur général de la BRVM. Des « SARL », c’est le terme économique consacré ! Or, ce sont les sociétés anonymes qui animent le marché financier car l’actionnariat n’est pas détenu par une seule personne mais ouvert au public. Il s’agit d’un constat général qui touche l’ensemble des économies de la région. Et pour marquer l’intérêt de ce type de société au marché financier, les autorités de la BRVM travaillent aujourd’hui à développer des produits spécifiques à l’endroit des PME/PMI.

Les avantages de la bourse
En réalité, la bourse présente des avantages certains aussi bien pour les entreprises que l’Etat et le public. « Une bourse est un baromètre de l’économie », soutient Khassim Diop, chargé du développement du marché à la BRVM. Pour preuve, l’impact de la crise économique mondiale sur les économies de la région s’est révélé, à la BRVM, à travers par exemple, les valeurs qui exportent de l’huile de palme et de l’hévéa. Ces sociétés, à l’instar de SAPH CI, ont vu leur cours chuté.
« La bourse traduit l’ensemble des jugements que portent les investisseurs sur les sociétés dont ils négocient  les valeurs », poursuit  Khassim Diop pour montrer comment une société cotée peut gagner en notoriété et en bonne gouvernance grâce à l’information boursière. Selon lui, l’évolution des cours peut servir de référence à l’appréciation des perspectives  de la société cotée, de la faible ou grande crédibilité de ses organes de gestion, de l’augmentation ou la baisse de ses activités, de la notoriété de l’entreprise dans son secteur et de la valeur du produit sur le marché, de manière orienter le choix de l’investisseur.
La bourse permet surtout le renforcement de l’épargne nationale qui reste encore très faible au Bénin. A travers les placements qu’ils effectuent les particuliers peuvent ainsi contribuer de façon significative au financement de l’économie. Selon le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), la contribution de la BRVM au financement des économies de l’Uemoa est passée de 1% en 2000 à 3% en 2004 et 7% en 2008. Les entreprises béninoises ne doivent plus rester en marge de ce regain d’activités sur le marché financier régional. En cette période de crise économique, le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Par Gnona

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TIC : La faible connexion handicape les radios béninoises

Posté par gnona le 05 Tue, 26 May 2009 16:11:17 +000017 23, 2007

Une récente étude réalisée par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest a mis en relief la faible présence des radios béninoises sur le web. Le retard consenti par les radios béninoises dans l’appropriation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dénote surtout de la qualité de la bande passante du pays qui laisse à désirer.
 

Le Bénin dispose de la fibre optique à gogo mais reste paradoxalement handicapé par la faiblesse de sa bande passante. Une conférence-débat organisée, lundi 18 mai, à Cotonou autour du thème : « Radio et NTIC au Bénin et en Afrique de l’Ouest, quels usages et quels enjeux ? », a une fois encore, relevé la faiblesse de la connexion internet qui empêche souvent le téléchargement des documents lourds à partir du Bénin. Les radios béninoises en sont victimes et peinent aujourd’hui à marquer leur présence sur la toile. Cette conférence initiée par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) en collaboration avec le Campus numérique francophone de Cotonou et l’Union des Professionnels des Médias du Bénin lui a permis de rendre compte d’une étude récente qu’il a produite pour faire l’état des lieux de la connectivité des radios ouest-africaines aux TIC (internet, satellite, ordinateur, outils de stockage numérique…)

220 radios ont été enquêtées dont une vingtaine de radios béninoises. Les résultats de l’étude, présentés par Ken Lohento, coordonnateur du programme TIC de l’IPAO sont éloquents. Le taux d’accès moyen à l’internet des radios des sept pays de la région enquêtés (Ghana, Sénégal, Mali, Sierra-Léone, Burkina-Faso, Niger, Bénin) est estimé à 51,8% dont 72,2% pour les radios privées commerciales et 31,5% pour les radios communautaires ou associatives. La moyenne béninoise de connectivité s’élève à 55%, toutes radios confondues, révèle l’étude. Parmi les pays enquêtés, le Ghana et le Sénégal caracolent en tête avec un taux de connectivité respectif de 93,5% et 89,7%. Au Ghana et au Sénégal, toutes les radios commerciales sont connectées à l’internet.

Si l’étude a démontré que les TIC sont bien présentes dans les radios béninoises notamment grâce à l’usage de la téléphonie mobile et de la technologie ADSL, la présence de ces radios sur le net est très faible. Au Bénin comme dans la plupart des pays enquêtés, la diffusion en live sur internet est très instable ou inexistante, bien que souvent annoncée. Les rares radios présentes sur la toile disposent très peu de contenus. Mais une fois encore, le Ghana et le Sénégal sont les pays où les radios disposent davantage de sites web.

La faible représentativité des radios béninoises sur la toile se justifie, non seulement par le coût élevé de la connexion internet au Bénin mais surtout de la faiblesse de la bande. Non seulement le téléchargement est très difficile avec le faible niveau de connexion mais écouter une radio sur internet au Bénin est presque impossible. Même Radio France International (RFI) qui travaille, chaque jour pour rendre moins ses bases de données, n’est pas facilement écoutable sur internet au Bénin.
Pour permettre aux radios béninoises de tirer le maximum des opportunités que les offrent les nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’étude recommande, entre autres, le développement de la connectivité par l’augmentation de la bande passante, la consolidation des infrastructures, l’extension de la couverture des réseaux téléphoniques et la baisse des coûts d’accès. Elle préconise également la mise en place des serveurs pouvant héberger les sites web des radios ainsi que l’intégration des TIC dans la formation des journalistes et animateurs de radios.

Présent au cours de la conférence, Marcellin Illougbadé, directeur des études et de la réglementation au ministère en charge de la communication a exposé la stratégie nationale des TIC au Bénin et levé un coin de voile sur le projet béninois de migration numérique à l’horizon 2015.

Par Gnona

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