Le Blog de Gnona

L’Economie africaine au quotidien

Archives pour mars 2007

Formation

Posté par gnona le 03 Fri, 30 Mar 2007 14:47:04 +000004 23, 2007

Nous sommes actuellement en formation au CED. Une formation à l’intention des structures professionnelles du secteur privé.

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Bénin: L’économie fait grise mine

Posté par gnona le 03 Fri, 30 Mar 2007 09:53:42 +000042 23, 2007

 C’est un euphémisme que d’affirmer l’économie béninoise va actuellement mal. Problèmes de communications, crise énergétiques, difficultés des entreprises à recouvrer les dettes de l’Etat… le cocktail est assez explosif pour aboutir que le gouvernement n’atteigne pas ses objectifs de croissance.

Le gouvernement béninois, à travers le ministre du commerce a fait, fin décembre 2006, le constat amer que la morosité économique qui tenaille le Bénin depuis bientôt trois ans persiste toujours. Et au ministre de faire des promesses d’une relance économique avec à la clé un paquet de mesures devant permettre au secteur privé de souffler durant l’année 2007.

Trois mois après le tour Moudjaïdou Soumanou au marché Dantokpa, les opérateurs économiques béninois n’ont toujours pas trouvé le bout du tunnel. Au contraire la situation semble se dégrader au point que, dans les discussions privées, certains chefs d’entreprises évoquent la possibilité d’envoyer une partie de leur personnel au chômage technique.

Au départ, la morosité économique du Bénin était, principalement, liée à deux facteurs exogènes à savoir les mesures restrictives prises par le Nigéria et la flambée du prix du pétrole conjuguée avec la baisse du cours du dollar. Mais en 2006, la situation des opérateurs économiques, qui espérait le retour à la croissance, avec le nouveau régime, s’est compliquée avec les mesures prises par le gouvernement pour une gestion plus rationnelle de la dette intérieure.

Conséquence : beaucoup d’entreprises ont vu leurs créances mises en quarantaine sous prétexte que les pratiques de règlement de la commande publique, sous l’ancien régime, étaient loin de l’orthodoxie financière. Des dizaines de milliards de francs Cfa de dettes sont restées à ce jour  impayées, le gouvernement voulant, semble-t-il, voir clair dans la situation.

Même si l’on doit accorder au gouvernement, le crédit de vouloir renouer avec une gestion saine des finances publiques, il se trouve que le temps mis pour remettre les choses en ordre, a affecté sérieusement les créanciers de l’Etat. L’une des raisons de ce retard, c’est la passe d’arme entre le gouvernement et le secteur privé qui n’accordent pas leurs violons ni sur le montant réel de la dette et les modalités de remboursement.

Une crise énergétique qui n’en finit pas

A côté des difficultés des opérateurs économiques actuellement à recouvrer leurs créances vis-à-vis de l’Etat, la crise énergétique, qui sévit toujours, n’est pas de nature à arranger les choses. Les entreprises tournent, aujourd’hui au rythme des coupures d’électricité avec leur cortège de désagréments divers qui affectent le fonctionnement normal des entreprises.

La régression de l’activité industrielle est évidente. Dans le même temps, le Bénin a toujours du mal à sortir du bug des télécommunications, depuis que les installations des opérateurs GSM ont été démantelées.

La coupe est assez pleine pour que les indicateurs déjà alarmants de l’économie béninoises virent davantage au rouge.  

En attendant que la fourniture de l’énergie électrique soit normalisée, à partir des turbines à gaz promises par le gouvernement, il devient impérieux d’éjecter de l’argent frais dans l’économie. A cet effet, il est heureux, qu’à la suite l’audience que le Chef de l’Etat a accordé, cette semaine, au Président du Patronat béninois, il ait décidé de régler progressivement la dette intérieure de l’Etat dans un délai de dix jours. Ce serait un ouf soulagement pour les Chefs d’entreprises qui, par ces temps de morosité, ne savent plus à quel saint se vouer.

Gnona   
 

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Internet au Bénin: Comme un cordonnier mal chaussé

Posté par gnona le 03 Thu, 29 Mar 2007 13:28:13 +000013 23, 2007

On ne le dira pas assez, nous ramons toujours, au Bénin, à contre courant de l’évolution technologique, à cause de cette tendance viscérale que nous avons à mettre toujours la charrue avant les bœufs.
L’Internet est un outil efficace qui a révolutionné le monde et on ne peut pas dire aujourd’hui que le Bénin a raté la coche de la nouvelle société de l’Information. Bien au contraire ! Malheureusement, il se fait que l’usage efficient de cet outil est plombé par le manque d’infrastructures en matières de télécommunications.

J’ai assisté ce matin à une formation des associations professionnelles du secteur privé sur l’usage de l’Internet. Mais quel était le désarroi, du formateur venu de Paris, qui avait eu toutes les peines du monde à ouvrir une page en image. On était, pourtant, dans une grande structure de formation à distance où l’usage de l’Internet est la chose la mieux partagée. La connexion était nulle, pour utiliser le jargon des internautes.

La raison de ce black-out est simple. Notre bande passante est très faible. Pourtant le Bénin a dépensé plus de 30 milliards de francs Cfa pour obtenir la fibre optique. A peine 12% de cette fibre est actuellement utilisé. Un collègue, revenu récemment d’une tournée de Ouagadougou (Burkina) et de Bamako (Mali), me parlait hier du confort qu’il a eu à naviguer dans ces deux capitales africaines. Au Ghana, au Sénégal, c’est nickel.

Apparemment, le problème n’est plus un problème africain mais plutôt béninois. Si nous tenons à faire de ce pays, ‘’un pays émergent’’, comme disent les politiciens, il va falloir travailler sérieusement sur les facteurs de production. La fibre optique est un.

Gnona

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Crise énergétique au Bénin: La fin pour fin 2008?

Posté par gnona le 03 Mon, 26 Mar 2007 12:17:04 +000004 23, 2007

La crise énergétique, qui secoue le Bénin, aura certainement des conséquences graves sur la croissance économique dans les prochaines années. Cette crise, qui a remis à l’ordre du jour la trop dépendance énergétique du Bénin, donne la preuve que le Bénin est le pays par excellence de l’improvisation et de la navigation à vue.
Dans ma langue maternelle, on dit souvent qu’on ne meurt qu’une seule fois. Le Bénin n’est pas à sa première crise de délestage mais tout se passe comme si l’on n’a tiré aucune leçon du passé. Après avoir tourné le pouce pendant un an, attendant la solution venir de l’extérieur, notamment l’interconnexion entre la TCN ( Transmission Company of Nigeria) et la Ceb (Communauté électrique du Bénin), le Bénin s’est enfin engagé à acheter des turbines à gaz. Selon le gouvernement, ces turbines devront être installées dans un délai de trois mois. Démagogie ? De toutes les façons, j’ai entendu un expert dire qu’il faut un minimum de six mois pour acheter, importer et installer des turbines à gaz. Les fournisseurs ne sont pas légion et les rares qui sont sur le marché auraient déjà reçu des commandes sur trois ans. Le risque est donc grand qu’on nous ramène des turbines d’occasion. Le syndrome des groupes Aggreko de 1998 va-t-il rebelote ? Il est trop tôt de l’affirmer. Toujours est-il que la crise énergétique a encore de beaux jours devant elle. Des voix des plus crédibles parlent même de fin 2008. A l’arrivée, l’économie aurait déjà pris un sérieux coup. Du pain sur la planche du Changement. 

Gnona

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Fonds régional de développement : Le cadeau empoisonné de l’Union européenne

Posté par gnona le 03 Fri, 23 Mar 2007 10:28:11 +000011 23, 2007

Alors que la résistance est forte au niveau de la société civile africaine d’aller vers la signature de l’Accord de partenariat économique, l’Union européenne décide subitement de la mise en place d’un fonds régional de développement. A quelles fins ?

C’est avec une grande stupéfaction que autorités politico-administratives, secteur privé, société civile et autres experts impliqués dans les négociations sur l’Accord de Partenariat économique (APE) ont accueilli, mercredi à la délégation de l’Union européenne à Cotonou, une nouvelle des moins attendues.
Bruxelles veut mettre à la disposition de la région Afrique de l’Ouest un fonds régional de développement. Cette enveloppe financière, dont le montant reste à préciser, sera logée au siège de la Cedeao à Abuja et devrait, semble-t-il, servir à financer les mesures d’accompagnement de la mise en œuvre de l’APE. De quoi renforcer le tissu économique de la région, invitée à ouvrir désormais son marché dans le cadre d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest. Au nom de l’Omc (Organisation mondiale du commerce).

Si le principe de la mise en place du fonds ne pose aucun problème, le contexte dans lequel arrive ce fonds suscite déjà des interrogations et bien des inquiétudes au sein de la société civile ouest-africaine. En dépit de la décision de la région de demander un moratoire de trois ans pour la signature de l’APE, normalement prévu pour le 31 décembre 2007, l’Union européenne fait toujours la sourde oreille et poursuit la grande marche vers a signature de l’Accord de partenariat économique. Officiellement, Bruxelles estime qu’elle a déjà fait, au niveau de l’Omc, trop de concessions pour obtenir la dérogation de signature de l’APE en 2007. Pourtant l’Accord de Cotonou prévoit la possibilité d’une prorogation du délai de la signature de cet Accord. 

 L’arrivée de ce fonds régional est d’autant plus surprenante que depuis plusieurs années, la région a toujours demandé la prise en compte de la dimension développement au niveau de l’APE. Mais l’UE a toujours estimé que cette question est déjà réglée par l’Accord de Cotonou, au travers du mécanisme FED (Fonds européen de développement).

Ce revirement laisse croire qu’il y a des non dits dans la mise en place de fonds. Lorsqu’on examine la fermeté avec laquelle certains pays comme le Bénin, disent leur opposition à un accord précipité et préjudiciable à la région, il est probable que l’objectif de ce fonds est de créer une fissure au niveau de la solidarité régionale pour amener certains pays à signer l’accord.

Pourtant, toutes les études d’impact dont l’Union européenne a d’ailleurs rejeté les conclusions, indiquent l’APE aura des retombées négatives la région si les défis d’intégration régionale ne sont pas relever. Ces défis concernent notamment la mise en œuvre de l’union douanière avec à la clé une disposition de traitement différencié sur les produits dits sensibles, l’amélioration de l’environnement des affaires, la création d’un cadre incitatif à l’investissement, la mise à niveau des entreprises et le renforcement de la compétitivité de l’économie de la région. 

Gnona Afangbédji

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