Le Blog de Gnona

L’Economie africaine au quotidien

Archives pour avril 2007

Bénin: Du rififi dans la filière coton

Posté par gnona le 04 Mon, 30 Apr 2007 11:33:19 +000019 23, 2007

coton.jpgL’abrogation du décret portant Accord-Cadre entre l’Etat et l’Interprofession de la filière coton suscite des remous au niveau de certains acteurs du secteur qui redoutent un retour en arrière préjudiciable pour l’avenir de la filière.

La décision était passée presque inaperçue, mais au fond, il s’agit d’un acte inquiétant qui annonce bouleversements importants dans l’organisation de la filière cotonnière béninoise. Le 19 avril dernier, le Conseil des ministres a abrogé le décret n° 2005-41 du 2 février 2005 portant Accord-Cadre entre l’Etat et l’Interprofession de la filière coton. Le gouvernement béninois en a décidé ainsi après avoir constaté ‘’ que les insuffisances et les dysfonctionnements persistent dans la gestion de la filière coton faite sur la base du partenariat établi entre les différents acteurs que sont les producteurs, les importateurs et distributeurs d’intrants, les égreneurs, les structures de l’interprofession de la filière et l’Etat’’.

Autrement dit, le gouvernement vient de remettre implicitement hors circuit l’Association Interprofessionnelle de Coton, qui depuis la libéralisation de ce secteur assure la gestion technique, matérielle et financière de la campagne cotonnière au Bénin. En lieu et place de l’Accord-Cadre, l’exécutif préconise la mise en place ‘’ d’un cadre de gestion transitoire de la filière, en attendant l’aboutissement d’une évaluation plus approfondie de cette filière’’.

Dans les rangs des acteurs de la filière cotonnière, la nouvelle a été acueillie avec désolation et indignation. Selon une source proche du Conseil national des producteurs de Coton, l’abrogation de cet accord constitue en soi une violation de l’Accord-Cadre par l’Etat béninois. Se fondant sur l’article 1er dudit accord sur la base duquel le décret a été abrogé, cette source indique que cette disposition parle de révision, en cas de besoin, entre les deux parties et non d’abrogation unilatérale de l’Etat. Néanmoins, le Conseil des ministres a tout simplement pris acte de l’arrivée à terme de l’Accord et décide que son exécution ne soit plus poursuivie. Ce faisant, l’Etat aurait usé de sa position de puissance publique pour mettre le pied sur un accord qui sert base légale au fonctionnement des structures de gestion de l’Interprofession. Pourtant, il y a moins d’un an, la réforme des organisations professionnelles de la filière prévue par ce même accord, a été bouclé sous la bénédiction du gouvernement.

Les désapprobations relevées au sein de la famille cotonnière annonce un bras de fer entre le gouvernement et l’Interprofession concernant le contrôle de la gestion de la filière cotonnière. Ce qui augure d’une campagne 2007-2008 assez mouvementée. Car, au-delà de l’abrogation, ce sont le sort des structures mises en place dans le cadre de la libéralisation et l’avenir de la filière cotonnière qui préoccupent nombre d’acteurs. Selon certains acteurs pessimistes, les jours de certaines organisations telles que la Cagia (Coopérative d’approvisionnement et de gestion des intrants agricoles) et de la Cspr (Centrale de sécurisation des paiements et de recouvrement) seraient déjà comptés. Pour cette catégorie de personnes, les signes avant-coureurs de la remise en cause du fonctionnement actuel de l’Interprofession ont été d’abord les annulations successives par le gouvernement, via le ministre de l’agriculture, des résultats des appels d’offres pour l’importation et la distribution des intrants coton conduits par la Commission Intrants Coton de l’AIC. Ensuite, l’Etat vient de mettre l’Accord cadre sous boisseau.

La prochaine manche, serait probablement, une décision du gouvernement de payer lui-même les producteurs. On en est pas encore là, mais d’aucuns redoutent cette forte immixtion de l’Etat dans la filière qui, selon eux, n’est pas la solution au problème du coton béninois. Selon certains observateurs, ce qu’il faut changer, c’est n’est pas le système, encore moins les hommes, c’est surtout la mentalité : cette tendance viscérale du Béninois à toujours passer outre les règles établies. ‘’ Que l’Etat, à travers son pouvoir régalien, amène chaque acteur à respecter les textes. C’est la clef de la relance du coton béninois’’, soutiennent-ils.

Gnona

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Bénin: Les riziculteurs locaux dénoncent le don japonais

Posté par gnona le 04 Mon, 16 Apr 2007 13:36:27 +000027 23, 2007

Le riz japonaisChaque année, le don du riz japonais soulève des vives critiques dans les rangs des riziculteurs béninois. Cette année encore, l’aide alimentaire nippone n’a pas pu échapper au mécontentement de la paysannerie.  

L’ancien ministre de l’agriculture Gaston Dossouhoui, alors directeur général de l’Onasa (Office national d’aide à la sécurité alimentaire) pensait, certainement, avoir vidé la polémique autour du don du riz japonais, lorsqu’il déclarait, il y a un an, que le mécanisme de distribution de cette aide alimentaire ne crée aucune distorsion sur le marché du riz au Bénin. Pour cette nouvelle saison où la distribution du don japonais déchaîne déjà les passions au sein de l’administration, les riziculteurs béninois sonnent à nouveau le tocsin.

‘’Le don japonais dont le volume (environ 5000 tonnes) atteint certaines années l’équivalent de 10% de la demande solvable nationale est distribué à un prix largement en dessous de celui du riz local. En octobre 2003, il a été distribué dans le département des Collines à un prix inférieur de 40% au prix du riz produit dans cette région. A titre d’exemple, en 2004 dans le marché de Natitingou, le riz don japonais est distribué à un prix d’environ 175 Fcfa/kg contre 225 Fcfa/kg pour le riz local’’, a rappelé vendredi au Codiam, Martial Gbénou, président du Cadre de concertation pour le développement de la riziculture. Pour les producteurs locaux, ce don du gouvernement nippon est, souvent détourné de sa cible, à savoir les couches les plus défavorisées de la société. ‘’  Ce riz normalement destiné aux populations démunies sont la plupart du temps cédés aux fonctionnaires, aux élus. Ces bénéficiaires sont généralement des individus qui n’ont aucun problème alimentaire’’, dénoncent-ils.

Plus grave, ajoutent les producteurs, ce riz serait parfois récupérés par des commerçants avec la complicité de certains membres des comités de distribution. ‘’ Ils achètent le riz japonais qu’ils mettent souvent sur le marché local à un but purement lucratif qui n’est ni celui visé par le gouvernement japonais ni par le gouvernement béninois’’ martèlent les producteurs locaux.

Les recettes issues de la vente de ce don sont estimées en moyenne à plus d’un demi milliard par an. Mais,  pour les producteurs locaux, la concurrence déloyale du don du riz japonais n’est plus à démontrer. ‘’ Le don du riz est plus compétitif que le riz local car il coûte à peu près deux fois moins cher que le riz local et il est vendu parfois à un prix inférieur au coût de production du riz local qui est de 158 F/Kg’’ soutient M. Gbénou.

Aussi, dans l’intérêt du développement de la production locaux, les producteurs demandent une reconversion de l’aide alimentaire en assistance financière. ‘’ Le recours à l’assistance alimentaire en nature devrait être limité aux situations dans lesquelles il existe un manque grave et avéré de nourriture au niveau local et/ou lorsque les marchés locaux ne fonctionnent pas et que des achats régionaux de denrées alimentaires sont impossibles’’, proposent-ils.

Ces producteurs bénéficient du soutien de l’Ong Oxfam, qui se situe sur la même longueur d’onde.

Pour la campagne de distribution de cette année, les producteurs demandent au gouvernement de ‘’vendre le riz du don à un prix au moins égal à celui du riz local sur le marché et d’utiliser une partie des recettes des dons et aides alimentaires japonaises pour financer la promotion de la riziculture locale (organisation de la filière, aménagement, équipement).

Au Bénin, les dépenses d’importations du riz sont passées d’environ 7,860 milliards à plus de 13 milliards de FCFA entre 2000 et 2002. La quantité totale consommée chaque année est en pleine évolution atteignant 69 306 tonnes en 2003.
Les besoins seraient de 93 172 tonnes en 2005 et de 110 812 tonnes en 2010 pour une production estimée actuellement à moins 70.000 tonnes.

Gnona

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Intégration: Une banque centrale africaine dans deux ans?

Posté par gnona le 04 Wed, 11 Apr 2007 14:04:06 +000006 23, 2007

konare.jpg L’Union africaine projette la création d’une banque centrale africaine dans deux ou trois ans. C’est ce qui ressort des conclusions du Conseil des ministres de l’Uemoa tenue le 6 avril dernier à Lomé, la capitale togolaise.

Cette ambition de l’Union africaine s’inscrit dans la perspective de doter le continent d’une commune. D’autres institutions financières sont également prévues dans l’Agenda de l’Institution d’Addis-Abeba. Il s’agit du Fonds Monétaire Africain et de la Banque Africaine d’Investissement.
Si la création de ces deux dernières institutions ne souffrent d’aucune polémique, la création de la banque centrale suscite des interrogations quant à la possibilité pour l’Union africaine de se doter, dans un avenir proche d’une monnaie commune. En effet, la mise en place d’un tel cadre suppose d’adoption des politiques de convergence macro-économiques au niveau des Etats preneurs d’une telle initiative. Il ne s’agit plus aujourd’hui de créer une monnaie pour la forme. Le rôle de la monnaie dans la création de la valeur ajoutée met en exergue la nécessité d’une période de transition où harmonisation, convergence, amélioration de la compétitivité des entreprises africaines, meilleure gouvernance des affaires publiques et commerce intra régional ont leur rôle à jouer. Or, il se trouve que dans un cadre régional, les pays africains parviennent encore faire ce qu’ils ambitionnent au niveau continentale. Les difficultés de création d’une seconde zone monétaire en Afrique de l’Ouest constituent une illustration parfaite. Pour certains analystes, une monnaie commune est possible à l’horizon 2001, à condition que les Etats travaillent à l’harmonisation de leurs politiques. Sans quoi, la Banque centrale Afrique n’aura été qu’une coquille vide.

Gnona 

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Bénin: Des inquiétudes sur le prix du gaz naturel

Posté par gnona le 04 Wed, 11 Apr 2007 14:00:42 +000042 23, 2007

gazoduc.jpgL’avènement du gazoduc constitue, pour les autorités béninoises, une solution aux problèmes énergétiques, dont le pays est confronté. Toutefois, selon un ancien ministre béninois, le gaz naturel est loin d’être une panacée.

« Il ne faut pas se faire d’illusions, je ne pense pas que l’avènement du gazoduc puisse réduire d’un cran le prix du gaz naturel », a déclaré un ancien ministre béninois de l’énergie et des mines. Selon lui, si la mise en œuvre du gazoduc viendra régler la problème de la disponibilité du gaz, qui est déjà entré dans l’usage de nombreux ménages au Bénin, il n’est pas évident qu’on assiste du coup à une baisse du prix de ce combustible, comme veulent le laisser croire les discours politiques.

‘’ Le coût du gaz sera encore lié aux fluctuations du marché mondial de l’énergie. Et si le prix du brut monte, cela aura un effet immédiat sur le gaz’’, soutient-il.

Au-delà de la logique du marché, le ministre fonde son analyse sur le fait que le Gazoduc sera géré par le secteur privé, en l’occurrence les multinationales dont la plupart interviennent la production du pétrole brut dans le Delta du Niger au Nigéria.

Les actionnaires actuels de la Sogao (Société de gestion du gazoduc ouest-africain sont : la Chevron Texaco West African Gas Pipeline Company Ltd (38,2%) ; la Nigerian National Petroleum Corporation (26,0%) ; la Shell Overseas Holdings Ltd (18,8%) ; la Takoradi Power Company Ltd (17,0%). La société béninoise de gaz (Sobegaz) et la société togolaise de gaz (Sobegaz) annoncées au début pour une participation de 2% chacune ne figurent plus parmi les actionnaires de la Sogao.

Cet avis est contraire aux promoteurs du projet qui soutiennent bec et ongle que le prix du gaz reviendrait deux fois moins cher. Etant donné que le gaz, dérivé du pétrole brut, était brûlé à la torche, ils estiment que sa commercialisation devra du coup revenir moins cher, le produit étant a priori destiné à la destruction.

A cet argument, le ministre, très averti de la logique capitaliste des multinationales, évoque le problème de la graine de coton. ‘’ Depuis que les huileries ont commencé par transformer le graine de coton au Bénin, ce produit fait l’objet de surenchère alors qu’avant, la graine n’avait aucun débouché après l’égrenage du coton’’, rappelle-t-il.

Mais quoi qu’en soit le prix, l’arrivée du gazoduc présente un intérêt économique certain pour le Bénin. D’abord, en temps que source d’énergie, le gaz naturel viendra alimenter les turbines à gaz de la SBEE, lui permettant de réduire les charges liées à l’usage du gasoil, surtout en cette période de délestage. Pour les ménages, également, l’abondance du gaz pourrait favoriser une dépréciation du prix sur le marché.

Au plan industriel, le gaz constitue une matière première pour les industries chimiques, les industries de fabrication des ustensiles en plastiques ainsi que les verreries.

Aux dernières nouvelles, le gaz naturel serait disponible avant octobre 2007.

Gnona

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BENIN: Plus de TVA sur l’oignon

Posté par gnona le 04 Wed, 04 Apr 2007 13:09:20 +000020 23, 2007

Le Bénin vient de supprimer la Tva (taxe sur la valeur ajoutée) sur l’importation de l’oignon, qui a constitué depuis plusieurs années une exemption aux dispositions communautaires sur l’importation des produits du cru.

C’est une erreur d’appréciation des textes communautaires qui a été finalement corrigée, grâce au combat mené par l’Association des importateurs d’oignon de Cotonou.
Pendant longtemps, l’oignon a été, avec le bétail, au cœur des dysfonctionnements liés à l’application des textes communautaires. Ce produit a été assujetti à la Tva en violation du schéma de libéralisation des échanges au sein de la Cedeao portant exonération des produits du cru des droits et taxes.

Aujourd’hui, la Direction générale des douanes  a corrigé le tir au grand soulagement des commerçants béninois de l’oignon.

La question de la taxation de l’oignon a été évoquée, il y a deux ans, lors du Forum national sur la filière oignon, tenu en décembre 2005 à Malanville. A cette occasion, les importateurs se sont plaints des taxes exorbitantes appliquées (21% au cordon dounier) sur ce produit du cru importé, notamment du Nigéria.

Avec l’appui du réseau régional de systèmes d’information de marché et de commerce agricole en Afrique de l’ouest (Mistowa), les commerçants béninois ont pu remonter les textes pour sortir finalement l’Ordonnance n° 2000-001 du 2 janvier 2000 promulguée portant Loi des finances pour la gestion 2000. 

‘’ Cette ordonnance dit dans son article 224 nouveau « Sont exonérés de la Taxe sur la Valeur Ajoutée : … 2- l’importation, la production et la vente des produits énumérés à l’annexe 1 du présent chapitre, … » Et dans cet annexe, on retrouve les produits comme : le pain, le maïs, le lait, les pommes de terre et légumes de semence, les tubercules, les produits maraîchers, précise Lucien Guendéhou, président de l’association des importateurs d’oignon de Cotonou (ASSIHAOC) sur un site d’échanges d’information agricoles . Et d’en déduire : ‘’ L’oignon étant un produit maraîcher au même titre que la tomate et les légumes, vous comprenez avec moi que le chemin est trouvé’’.

Avec la levée de la TVA, l’importation de l’oignon bénéficie d’une réduction de 18% des coûts de dédouanement. Ce qui ramène à 3% la taxation sur l’oignon, au lieu de 21% antérieurement.

Au Bénin l’essentiel de la production d’oignon est réalisé dans la vallée du Niger, dans les sous-préfectures de Malanville et de Karimama et dans une moindre mesure dans les vallées du Mono et de l’Ouémé. Mais l’essentiel de la consommation vient de l’importation en provenance des pays de la sous-région.   
 
 Gnona 
 

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