Le Blog de Gnona

L’Economie africaine au quotidien

Archives pour mai 2007

Bénin: Il faut sauver la campagne cotonnière

Posté par gnona le 05 Mon, 21 May 2007 15:43:35 +000035 23, 2007

coton.jpg Le Chef de l’Etat a tenu ce week-end une rencontre avec les acteurs de la filière coton. Au sortir de cette rencontre, le mot d’ordre désormais, c’est qu’il faut sauver la campagne cotonnière 2007-2008, visiblement hypothéquée.

Un adage local dit : « Il faut mieux gérer une petite honte que de se couvrir d’une infamie ». La rencontre du Président de la République avec les acteurs de la filière coton a montré la nécessité d’un sursaut patriotique pour sauver la campagne cotonnière 2007-2008, objet de toutes les incertitudes. 

La raison principale de la menace qui plane sur la campagne n’est rien d’autres que le retard qu’ont accusé les adjudicataires dans la mise en place des intrants et des insecticides et autres herbicides. Qu’à cela ne tienne. 

Mais avant  la rencontre fatidique du samedi, il régnait dans la filière une ambiance délétère qui n’est pas de nature à créer les conditions d’une campagne apaisée. Certes dans un environnement concurrentiel, c’est la maxime ‘’ no pitie in Business’’ qui prévaut. 

Mais dans la filière cotonnière béninoise en particulier, tout se fait, visiblement pour mettre les bâtons dans les roues de son concurrent adjudicataire d’un marché afin qu’il porte la responsabilité de l’échec de la campagne. La pratique avait existé les campagnes précédentes, et la campagne en préparation ne semble pas échapper à la règle. La Sonapra et les autres adjudicataires qu’on accuse de n’avoir pas respecté les engagements pris dans le cahier des charges y aurait certainement laissé des plumes. C’est la loi de la jungle. Mais si l’un ou l’autre, porterait la responsabilité d’un échec probable de la campagne en cours, à qui profiterait une production cotonnière catastrophique ? En tout pas à l’Etat béninois, encore moins aux acteurs qui se tirent les balles dans les pattes.

La vérité est là, et elle dérange. Même si d’aucuns récuse qu’on parle de menace à l’étape actuelle des choses, la rencontre du samedi montre qu’il existe de réelles inquiétudes au sommet de l’Etat. Aussi, l’engagement des acteurs de se jeter tous à l’eau pour sauver la campagne reste à saluer. Au nom de la filière coton, les autres distributeurs d’intrants auraient pris l’engagement devant le Président de la République d’apporter l’appui nécessaire pour rattraper le retard de manière à atteindre les objectifs de production pour la campagne 2007-2008. L’ambition affichée récemment par le ministre de l’Agriculture, est que le Bénin atteigne une production de 450.000 tonnes. La campagne finissante, malgré l’invasion des Oligo Verpa, tourne autour de 350.000 tonnes. L’addition de la campagne 2007-2008 serait plus amère si rien n’est fait pour colmater les brèches. 

Dans la réalisation de ces objectifs, le rôle de la Sonapra (Société nationale pour la promotion agricole) est capital. Sur les 60.000 tonnes d’engrais NPK et d’urée, la société n’a pu importer jusque-là de 10400 tonnes de NPK. Mais devant le Chef de l’Etat, le directeur général de la société aurait pris l’engagement d’importe le reste des engrais au plus tard le 31 mai prochain. Selon certains spécialistes de la filière, le 1er juillet est le délai critique de rattraper ce qui l’est encore. 

Dans les jours à venir, il serait utile pour tous les acteurs, de mettre les querelles en suspens et de regarder dans la même direction, de laisser d’un côte ou de l’autre la « propagande médiatique » et de soutenir le directeur général de la Sonapra afin qu’il puisse importer dans les délais.  

Gnona

Publié dans Economie Béninoise | Laisser un commentaire »

TIC-Bénin: La nécessité d’une intelligence stratégique

Posté par gnona le 05 Fri, 18 May 2007 10:51:13 +000013 23, 2007

Sans langue de bois, les débats plénières du forum du secteur privé sur les Tic, tenu les 16 et 17 mai dernier à la Ccib, ont permis de poser la problématique des Tics et débouché sur des recommandations importantes dont la création d’une intelligence stratégique sur les Tic.

« Intelligence stratégique »,  l’expression était revenue à plusieurs reprises lors les débats plénières mercredi à l’occasion du forum du secteur privé sur les Tic. ‘’ L’Etat doit mettre en place une intelligence stratégique avec le secteur privé si le Bénin veut véritablement se positionner dans les nouvelles technologies’’, soutient Ramanou Kouféridji, l’un des participants au forum.

Cette idée largement partagée par d’autres intervenants tiendrait lieu d’une urgence, aux yeux de Pierre Dandjinou, Chargé de Programme Tics au Pnud, Sénégal. ‘’ Cette intelligence stratégique est d’autant plus importante que l’Etat béninois ignore aujourd’hui toutes les compétences extérieures dont il dispose pour relever les défis actuels des Tic. Les compétences ne manquent pas dans la diaspora. Mais il faut un cadre pour les réunir’’, souligne-t-il.

L’Intelligence stratégique des Tic serait un groupe de réflexion et de travail réunissant toutes les éminences grises des Tic du Bénin et de sa diaspora. Ce serait donc un creuset important regroupant toute la crème des experts qui animeront la réflexion sur les grandes questions liées au développement des Tic, les défis à relever sur les plans de la recherche et de l’innovation.

De l’avis de ceux qui proposent une telle initiative, ce cadre stratégique a déjà permis à de nombreux pays en développement cités aujourd’hui comme des références en matière de promotion des nouvelles technologies de se mettre aux diapasons de ce secteur en constantes mutations. 

A la place, de l’intelligence stratégique, Karim Sy, co-animateur du panel intitulé expériences des autres pays en matière d’implications du secteur privé dans la mise en œuvre des Tic parle d’un cadre de dialogue public-privé. Mais tous s’accordent à reconnaître l’importance de la mise en place d’un cadre d’échanges et de réflexions sur les enjeux des Tics.

 ‘’ Le cadre de dialogue est indispensable car le Bénin doit désormais se poser constamment la question de savoir quelle est sa place dans la société de demain’’, précise l’expert des Tic basé à Dakar au Sénégal.

Même si la création de l’intelligence stratégique n’est pas une panacée, elle constitue, selon de nombreux communicateurs au forum un début de solutions aux défis des Tics au Bénin.
Les grands défis des Tics au Bénin

Parlant des défis, ils sont de plusieurs ordres. Karim Sy en relève quatre. Il s’agit selon lui, d’organiser le secteur privé, de développer le dialogue public-privé, de poursuivre la réflexion stratégique et de développer une stratégie en direction de la croissance. Selon lui, le secteur des télécommunications et des Tic constitue l’un des secteurs les plus puissants en matière de création de revenus de par le monde. ‘’ Il est possible pour le Bénin d’opérer la révolution dans ce secteur. Billes Gates a bâti son empire grâce à sa matière grise. Il faudra libérer les talents et l’Etat doit jouer le rôle de principal catalyseur’’ martèle M. Sy qui met un point d’orgue que le rôle du secteur privé. ‘’ Le secteur privé est le cœur de la compétitivité. Un pays est compétitif parce que ses entreprises sont compétitives’’ conclut-il.

Pour Jean-Marie Blanchard, on stigmatise souvent le manque d’investissement dans les infrastructures en Afrique alors que, selon lui, le continent souffre d’une carence en matière d’innovation. ‘’ On ne peut pas s’engager quand on ne connaît pas l’avenir’’, déclare-t-il. Le véritable défi des Tics, soutient-il, c’est au niveau de l’innovation. ‘’ Il faut encourager les jeunes à innover et trouver des solutions pour financer les innovations’’.

Pierre Dandjinou est du même avis. L’Afrique en général et le Bénin en particulier doit passer le cap d’éternels consommateurs des progrès technologies pour devenir aussi un fournisseur de technologies. ‘’ Nos pays doivent se positionner dans la recherche-développement et s’adapter dans la science et la technologie’’ propose-t-il.
Le forum du secteur privé sur les Tics qui a pris fin hier a essentiellement permis de relancer le débat sur les enjeux des Tic en Afrique en général et au Bénin en particulier.

Gnona

    

Publié dans TIC | 1 commentaire »

Forum sur les Tics : Vivement une rencontre de vérité

Posté par gnona le 05 Tue, 15 May 2007 11:28:12 +000012 23, 2007

La Chambre de Commerce et d’industrie du Bénin abrite dès demain un forum du secteur privé sur les Technologies de l’Informations et de la communication (TIC). Il s’agit d’une initiative à saluer car pour une première fois l’institution consulaire va réunir les sommités des TIC pour faire un diagnostic du secteur, relever les enjeux et les défis et proposer des solutions concrètes sur les difficultés liées à l’éclosion des TICs au Bénin.

Mais j’ai deux craintes par rapport au Forum.

La première est que compte tenu de l’environnement actuel où le pouvoir en place est très réfractaire aux critiques, j’ai peur qu’on évite d’aborder les sujets qui fâchent ou qu’on se réserve tout simplement de se dire la vérité. 

Dieu sait que, depuis quelques mois au Bénin, la connexion internet reste des plus exécrables pour des raisons que j’ai déjà évoquées par le passé. La communication téléphonique. N’en parlons pas. Nulle.

 Pourtant je sais qu’à cette rencontre, il y aura de grands discours sur l’ambition du Président de la République de faire du Bénin le quartier numérique de l’Afrique. On va également parler de convergence, on va annoncer des projets alors que nous sommes incapables d’offrir le minimum aux populations.

Ce que veut le Béninois lambda, ce n’est pas un quartier numérique mais de pouvoir joindre son correspondant en temps réel, sans avoir à connaître des échecs d’appels toute une soirée. Ce que veulent les internautes béninois, c’est de disposer d’une connexion fluide, de pouvoir télécharger des données importantes en temps réel.

Ma deuxième crainte concerne une sorte de mélange de genre, où le forum serait une tribune pour promouvoir les actions du Chef de l’Etat. Car lorsque je constate dans le programme qu’il y aura un discours du ministre de la Communication et un discours du Chef de l’Etat, j’ai des doutes que cette affaire qui émane du secteur privé (je suppose) soit récupérée par le pouvoir politique.

Je veux bien me tromper. La suite, je vous tiendrai au courant.

Gnona

Publié dans Economie Béninoise | Laisser un commentaire »

Bénin: La presse et les nouveaux princes

Posté par gnona le 05 Fri, 04 May 2007 11:40:53 +000053 23, 2007

Je profite de la célébration de la journée internationale de la liberté de presse pour éclairer un peu votre lanterne sur l’usage que font aujourd’hui les nouveaux principes de la politique béninoise des masses média

L’usage à outrance des médias est devenu un sport national pour le nouveau régime en place au Bénin. Il n’y a pas de jour où sur une chaîne de télévision, un conseiller technique du Chef de l’Etat ou un supporter du Dr Boni Yayi n’intervienne pour défendre les actions du premier magistrat et parfois même défendre l’indéfendable.

Qu’a cela ne tienne, mais le drame tout cela, c’est qu’on en sert parfois pour servir du mensonge au peuple.

J’ai lu avec beaucoup de mépris une campagne de presse qui a annoncé tambours battants que la campagne cotonnière qui s’annonce promet beaucoup de coton et d’argent pour les producteurs. Or, la responsabilité de la presse à l’étape actuelle de la campagne serait d’émettre des inquiétudes ou, si vous voulez des interrogations parce qu’il y a un retard important dans la mise en place des intrants. J’ai ouïe dire que les producteurs montent au créneau ce jour pour tirer la sonnette d’alarme. C’est tant mieux.
Le comble dans tout ce qui est distillé dans la presse est qu’on nous a servi qu’il a été importé 40 000 tonnes d’intrants avant-hier. La vraie information, il s’agit de 40 000 litres d’insecticides. C’est trop gros

Gnona

Publié dans Positions | 2 Commentaires »