Sans langue de bois, les débats plénières du forum du secteur privé sur les Tic, tenu les 16 et 17 mai dernier à la Ccib, ont permis de poser la problématique des Tics et débouché sur des recommandations importantes dont la création d’une intelligence stratégique sur les Tic.
« Intelligence stratégique », l’expression était revenue à plusieurs reprises lors les débats plénières mercredi à l’occasion du forum du secteur privé sur les Tic. ‘’ L’Etat doit mettre en place une intelligence stratégique avec le secteur privé si le Bénin veut véritablement se positionner dans les nouvelles technologies’’, soutient Ramanou Kouféridji, l’un des participants au forum.
Cette idée largement partagée par d’autres intervenants tiendrait lieu d’une urgence, aux yeux de Pierre Dandjinou, Chargé de Programme Tics au Pnud, Sénégal. ‘’ Cette intelligence stratégique est d’autant plus importante que l’Etat béninois ignore aujourd’hui toutes les compétences extérieures dont il dispose pour relever les défis actuels des Tic. Les compétences ne manquent pas dans la diaspora. Mais il faut un cadre pour les réunir’’, souligne-t-il.
L’Intelligence stratégique des Tic serait un groupe de réflexion et de travail réunissant toutes les éminences grises des Tic du Bénin et de sa diaspora. Ce serait donc un creuset important regroupant toute la crème des experts qui animeront la réflexion sur les grandes questions liées au développement des Tic, les défis à relever sur les plans de la recherche et de l’innovation.
De l’avis de ceux qui proposent une telle initiative, ce cadre stratégique a déjà permis à de nombreux pays en développement cités aujourd’hui comme des références en matière de promotion des nouvelles technologies de se mettre aux diapasons de ce secteur en constantes mutations.
A la place, de l’intelligence stratégique, Karim Sy, co-animateur du panel intitulé expériences des autres pays en matière d’implications du secteur privé dans la mise en œuvre des Tic parle d’un cadre de dialogue public-privé. Mais tous s’accordent à reconnaître l’importance de la mise en place d’un cadre d’échanges et de réflexions sur les enjeux des Tics.
‘’ Le cadre de dialogue est indispensable car le Bénin doit désormais se poser constamment la question de savoir quelle est sa place dans la société de demain’’, précise l’expert des Tic basé à Dakar au Sénégal.
Même si la création de l’intelligence stratégique n’est pas une panacée, elle constitue, selon de nombreux communicateurs au forum un début de solutions aux défis des Tics au Bénin.
Les grands défis des Tics au Bénin
Parlant des défis, ils sont de plusieurs ordres. Karim Sy en relève quatre. Il s’agit selon lui, d’organiser le secteur privé, de développer le dialogue public-privé, de poursuivre la réflexion stratégique et de développer une stratégie en direction de la croissance. Selon lui, le secteur des télécommunications et des Tic constitue l’un des secteurs les plus puissants en matière de création de revenus de par le monde. ‘’ Il est possible pour le Bénin d’opérer la révolution dans ce secteur. Billes Gates a bâti son empire grâce à sa matière grise. Il faudra libérer les talents et l’Etat doit jouer le rôle de principal catalyseur’’ martèle M. Sy qui met un point d’orgue que le rôle du secteur privé. ‘’ Le secteur privé est le cœur de la compétitivité. Un pays est compétitif parce que ses entreprises sont compétitives’’ conclut-il.
Pour Jean-Marie Blanchard, on stigmatise souvent le manque d’investissement dans les infrastructures en Afrique alors que, selon lui, le continent souffre d’une carence en matière d’innovation. ‘’ On ne peut pas s’engager quand on ne connaît pas l’avenir’’, déclare-t-il. Le véritable défi des Tics, soutient-il, c’est au niveau de l’innovation. ‘’ Il faut encourager les jeunes à innover et trouver des solutions pour financer les innovations’’.
Pierre Dandjinou est du même avis. L’Afrique en général et le Bénin en particulier doit passer le cap d’éternels consommateurs des progrès technologies pour devenir aussi un fournisseur de technologies. ‘’ Nos pays doivent se positionner dans la recherche-développement et s’adapter dans la science et la technologie’’ propose-t-il.
Le forum du secteur privé sur les Tics qui a pris fin hier a essentiellement permis de relancer le débat sur les enjeux des Tic en Afrique en général et au Bénin en particulier.
Gnona