Le Chef de l’Etat a tenu ce week-end une rencontre avec les acteurs de la filière coton. Au sortir de cette rencontre, le mot d’ordre désormais, c’est qu’il faut sauver la campagne cotonnière 2007-2008, visiblement hypothéquée.
Un adage local dit : « Il faut mieux gérer une petite honte que de se couvrir d’une infamie ». La rencontre du Président de la République avec les acteurs de la filière coton a montré la nécessité d’un sursaut patriotique pour sauver la campagne cotonnière 2007-2008, objet de toutes les incertitudes.
La raison principale de la menace qui plane sur la campagne n’est rien d’autres que le retard qu’ont accusé les adjudicataires dans la mise en place des intrants et des insecticides et autres herbicides. Qu’à cela ne tienne.
Mais avant la rencontre fatidique du samedi, il régnait dans la filière une ambiance délétère qui n’est pas de nature à créer les conditions d’une campagne apaisée. Certes dans un environnement concurrentiel, c’est la maxime ‘’ no pitie in Business’’ qui prévaut.
Mais dans la filière cotonnière béninoise en particulier, tout se fait, visiblement pour mettre les bâtons dans les roues de son concurrent adjudicataire d’un marché afin qu’il porte la responsabilité de l’échec de la campagne. La pratique avait existé les campagnes précédentes, et la campagne en préparation ne semble pas échapper à la règle. La Sonapra et les autres adjudicataires qu’on accuse de n’avoir pas respecté les engagements pris dans le cahier des charges y aurait certainement laissé des plumes. C’est la loi de la jungle. Mais si l’un ou l’autre, porterait la responsabilité d’un échec probable de la campagne en cours, à qui profiterait une production cotonnière catastrophique ? En tout pas à l’Etat béninois, encore moins aux acteurs qui se tirent les balles dans les pattes.
La vérité est là, et elle dérange. Même si d’aucuns récuse qu’on parle de menace à l’étape actuelle des choses, la rencontre du samedi montre qu’il existe de réelles inquiétudes au sommet de l’Etat. Aussi, l’engagement des acteurs de se jeter tous à l’eau pour sauver la campagne reste à saluer. Au nom de la filière coton, les autres distributeurs d’intrants auraient pris l’engagement devant le Président de la République d’apporter l’appui nécessaire pour rattraper le retard de manière à atteindre les objectifs de production pour la campagne 2007-2008. L’ambition affichée récemment par le ministre de l’Agriculture, est que le Bénin atteigne une production de 450.000 tonnes. La campagne finissante, malgré l’invasion des Oligo Verpa, tourne autour de 350.000 tonnes. L’addition de la campagne 2007-2008 serait plus amère si rien n’est fait pour colmater les brèches.
Dans la réalisation de ces objectifs, le rôle de la Sonapra (Société nationale pour la promotion agricole) est capital. Sur les 60.000 tonnes d’engrais NPK et d’urée, la société n’a pu importer jusque-là de 10400 tonnes de NPK. Mais devant le Chef de l’Etat, le directeur général de la société aurait pris l’engagement d’importe le reste des engrais au plus tard le 31 mai prochain. Selon certains spécialistes de la filière, le 1er juillet est le délai critique de rattraper ce qui l’est encore.
Dans les jours à venir, il serait utile pour tous les acteurs, de mettre les querelles en suspens et de regarder dans la même direction, de laisser d’un côte ou de l’autre la « propagande médiatique » et de soutenir le directeur général de la Sonapra afin qu’il puisse importer dans les délais.
Gnona