Le Blog de Gnona

L’Economie africaine au quotidien

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Il faut renverser la pyramide des valeurs

Posté par gnona le 06 Mon, 25 Jun 2007 12:19:51 +000051 23, 2007

La mauvaise gouvernance dans laquelle s’est enlisée l’Etat béninois trouve ses causes profondes dans le renversement des valeurs de la société. Une étude diagnostique sur la corruption, réalisée par Emmanuel Guidibi, aborde la question, sans tabou.
 
Il y a encore quelques décennies, lorsqu’on demande à un enfant béninois, sa carrière envisagée, il pensait à être enseignant, médecin ou avocat. Aujourd’hui, un enfant béninois veut devenir plus tard douanier, transitaire, gérant d’Union communale de producteurs de coton ou ministre. Ce changement de paradigme dans la vocation de l’enfant est la résultante d’un renversement des valeurs qui caractérise notre société d’aujourd’hui. De façon inquiétante, la force de l’argent a pris le pas sur le système des valeurs au point que la grandeur d’un homme ne se mesure qu’à travers son pouvoir financier.

Dans son étude diagnostique sur la corruption qu’il a réalisée pour le compte du conseil des investisseurs privés au Bénin, le consultant Emmanuel Guidibi explique le phénomène par ce qu’il appelle un renversement de la pyramide de Maslow.  La pyramide de Maslow, selon lui,  est une théorie de la hiérarchie des besoins qui constitue un outil pratique d’analyse de l’influence de la nature humaine sur le phénomène de la corruption. Maslow classe les besoins de l’homme en cinq catégories. Hiérarchiquement, il s’agit des besoins de subsistance et de procréation, des besoins de sécurité, des besoins d’affection, des besoins d’estime de soi, les besoins d’accomplissement. En d’autres termes, au sommet de la pyramide se trouve Dieu, vu sous l’angle du bien commun supérieur, l’homme, l’argent et à la base, les biens matériels.

Aujourd’hui, c’est l’argent d’abord, Dieu et les choses de l’esprit après. Pour Emmanuel Guidibi, une société qui rame à contre-courant des valeurs va inéluctablement vers le chaos.
Selon lui, la société béninoise repose normalement sur un attachement aux valeurs religieuses et spirituelles, qui tout comme les pays qui ont franchi le cap du sous-développement, devraient permettre d’aller de l’avant. Malheureusement, le Bénin s’est éloigné de sa racine pour s’accrocher aux mirages de la modernité essentiellement portée vers la quête effrénée de biens matériels qui encourage les pratiques de corruption.

Un Etat hypocrite
Lorsqu’on veut situer les responsabilités de cette décadence du système des valeurs, la grande part revient à l’Etat. ‘’ Toutes les thèses concernant le phénomène de la corruption, bien que souvent antagonistes, s’entendent toutes pour situer la racine de la corruption au niveau de type de contrat social qui existe au sein d’une société ou d’un pays’’, souligne Monsieur Guidibi. Le consultant pense que l’une des causes de la corruption au Bénin, c’est l’hypocrisie de l’administration. ‘’ Dans les décisions de chaque jour, on pousse toujours les gens à faire du mal ou du bien’’, estime-t-il. Tout comme dans la plupart des pays africains, il indique, par exemple, que la politique de gestion des ressources humaines manque de logique et de cohérence. ‘’ Les fonctionnaires font semblant de travailler et l’Etat fait semblant de les payer’’ dit-il, en empruntant une formule à la mode du temps de l’ex Union soviétique.

L’adage dit : « Un minimum de bien-être est indispensable à l’exercice de la vertu ». Dans un système où le fonctionnaire n’est pas rémunéré à sa juste valeur, la malhonnêteté est récompensée au détriment de l’honnêteté, où les gens sont victimes d’injustice sociale, où le recrutement et la promotion dans la fonction publique ne se font pas dans l’intérêt des résultats de la performance, mais plus souvent, en fonction des considérations politiques, sociales, ethniques ou par népotisme, il n’y a pas de raisons pour que les hommes perdent le sens des valeurs.

 « Le sentiment de l’honneur chez le fonctionnaire n’est plus qu’un vieux souvenir ». Et « quand un système perd sa finalité, il tend à trouver son équilibre dans un état de désordre maximal proche de la létalité », (Claude Rochet). Il parait qu’au Bénin, tous les ingrédients sont réunis pour que la corruption se développe : un cadre politique, institutionnel et économique hypocrite, un système de normes, de contrôle et de sanctions peu efficace, une opacité qui combine loi du silence maffieuse et obscurantisme, énumère l’étude diagnostique sur la gouvernance.

Pour restaurer le système des valeurs au Bénin, il est indispensable de revoir le mode de gouvernance. Selon Emmanuel Guidibi, la vieille sagesse chinoise apprend que la meilleure de toutes les gouvernances est la gouvernance spirituelle. Vient ensuite, la gouvernance qui rend la faute impossible et en dernier lieu, la gouvernance qui récompense la vertu et punit le vice. Le consultant en fait une ligne directrice de ses propositions qui visent à réinventer au Bénin une gouvernance qui décourage la corruption.

Gnona
 

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Bénin: Un cocktail explosif autour du débat sur la corruption

Posté par gnona le 06 Mon, 25 Jun 2007 12:14:08 +000008 23, 2007

Le débat sur la corruption a réuni les 14 et 15 juin 2004, autour d’une même table, agents de l’administration fiscales et douanières, acteurs du secteur privé et organisations de la société civile. C’était au cours d’un séminaire organisé, à l’hôtel du Port de Cotonou, par le Conseil des investisseurs privés au Bénin (Cipb).
 
‘’ Que récompense le système ? ’’. C’est à travers le grand principe américain de management (Greatest Management Princip) que le consultant Emmanuel Guidibi a étalé tout la diagnostic de la corruption au Bénin. Le mal de ce pays, indique-t-il, c’est qu’on récompense celui qui est le moins honnête. La malhonnête a gagné le système des choses et a plongé tout le Bénin dans la mauvaise gouvernance. ‘’ Au Bénin, le système récompense ceux qui acceptent de pactiser avec lui, tant qu’on ne changera pas, çà ne marchera pas’’, conclut-il.

Cette question de gouvernance, qui constitue l’un des sujets qui fâche l’administration publique béninoise était pourtant au cœur d’un atelier qui a réuni des acteurs qui ne se sont pas souvent de cadeaux sur ce terrain. C’était en réalité un challenge du Conseil des Investisseurs du Bénin (CIPB) qui, avec le soutien de la Danida, s’est lancé le défi de mettre autour d’une même table les cadres de l’administration fiscale et douanières, les membres du secteur privé et les organisations de la société civile engagées dans le combat contre la corruption. Un cocktail, a priori, explosif. Au menu, la dissémination d’une étude intitulée ‘’ Réinventer la bonne gouvernance qui décourage la corruption’’.

A la cérémonie d’ouverture, le ministre chargé du budget a planté le décor de l’intérêt de la bonne gouvernance pour les pays en développement comme le Bénin. ‘’ La corruption qui est une déviance comportementale des homes dans l’accomplissement de leurs devoirs et responsabilités est de toute évidence fortement préjudiciable au développement de tout pays et en particulier le nôtre ‘’, souligne-t-il. Et d’ajouter : ‘’ La bonne gouvernance apparaît alors comme un passage obligé sur la voie du développement de notre pays le Bénin’’. Selon Albert Houngbo, le gouvernement du Président Boni Yayi a déjà affiché une conscience claire de cette réalité en citant en bonne place parmi les piliers de sa stratégie de développement, la bonne gouvernance. A cette volonté politique, Emmanuel Guidibi propose la disposition du peuple à accepter les réformes qui découragent la mauvaise gouvernance. ‘’

Malheureusement, on veut des réformes, mais on est pas prêt à  payer le prix’’ se désole-t-il.

Pour enrayer le mal, le consultant propose trois types de thérapies : la gouvernance spirituelle qui valorise les choses de l’esprit, la gouvernance qui rend la faute impossible et la gouvernance qui récompense la vertu et punit le vice.

Gnona
Martin Assogba, Président de l’Ong Alcrer

‘’ On ne peut pas avoir un pays émergent dans le désordre’’

« C’est un séminaire intéressant parce que cela parle de l’information et de la sensibilisation sur l’étude diagnostique : réinventer la gouvernance qui décourage la corruption. Il était important qu’après tant de luttes sans impact réel qu’il faille réfléchir sur de nouvelles méthodes de reprendre cette lutte pour qu’elle puisse avoir effectivement un impact sur les populations.

Sans lutter contre la corruption, le pays ira toujours à veau lot. C’est un petit groupuscule qui va s’auto-saisir de tout ce qu’il y a comme bien du Bénin et le plus grand nombre va rester dans la pauvreté alors que le Docteur Boni Yayi fait de la lutte contre la corruption, son cheval de bataille. On ne peut pas avoir un pays émergent dans le désordre dans lequel nous sommes actuellement où chacun fait ce qu’il veut là où il est. L’homme est devenu un loup pour l’homme en matière d’argent. Même des fonctionnaires qui sont payés déjà pour le travail qu’ils doivent faire prennent encore de l’argent chez l’usager. Nos finances publiques sont mal gérées.

Les locations des divers bâtiments de l’administration faits dans les divers bâtiments sont faits à coûts de corruption. Le ministre dans finances est en train de réviser tout cela, de rompre avec tous ceux qui ne sont pas d’accord à donner des prix normaux, on leur soutire la clientèle de l’administration. Je pense qu’il est important que nous puissions vulgariser les leçons apprises dans cette réinvention de la gouvernance qui décourage la corruption ».
 

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Signature des APE: Alea jacta es

Posté par gnona le 06 Tue, 05 Jun 2007 13:17:35 +000035 23, 2007

ecowas.jpgPlus de doute sur la signature de l’Accord de l’Accord de Partenariat économique à la date du 31 décembre 2007. Ce ministre béninois en charge du commerce en a donné confirmation le 4 juin 2007, au cours d’un séminaire régional du secteur privé.

Ce que les organisations de la société civile redoutaient depuis quelques mois s’est tristement confirmé. L’Accord de partenariat économique (APE) sera bel et bien signée, au 31 décembre 2007, sans que la région ait complètement bouclé son processus d’intégration.

‘’Il apparaît que, sous réserve de la prise en compte des préoccupations de nos pays dans les différents régions, le processus est irréversible’’, a déclaré le 4 juin, au cours d’un séminaire régional du secteur privé à Cotonou, le ministre béninois en charge du commerce. Pourtant, Moudjaïdou Soumanou faisait partie des ardents défenseurs du report de la date de signature et de l’octroi d’une dérogation de trois ans pour permettre à la région de rattraper son retard. Mais les pressions exercées par Bruxelles ont fini par avoir raison de la détermination des Etats à ne pas aller vers la signature.

Le sort des économies de la région Afrique de l’Ouest a été officieusement scellé lors de la 35è réunion du Conseil des ministres Acp-Ue, le 25 mai dernier à Bruxelles. Au menu, de cette réunion, était entre autres, la revue des négociations sur l’Accord de Partenariat. ‘’ Il ressort de cette revue que toutes les six configurations régionales Ape et l’Ue confirment leur engagement à conclure les négociations dans les délais convenus dans l’Accord de Cotonou à condition que des progrès soient réalisés dans trois domaines’’, informe le ministre.

Ces domaines, poursuit le ministre, concernent l’accès au marché, la rédaction du texte de l’Accord, la définition des mesures d’accompagnement de l’APE « y compris le financement du développement et les coûts d’ajustement en l’occurrence les ajustements fiscaux, la restructuration et la mise à niveau des entreprises, la mise en place d’infrastructures économiques compétitivités ».

Devant l’évidence d’une signature de l’Accord, quelle serait encore l’opportunité d’un séminaire du secteur les négociations APE ? La réponse à cette interrogation transparaît dans le discours de Moudjaïdou Soumanou. ‘’ Il importe que le secteur privé cerne clairement les enjeux pour avoir une bonne visibilité des contraintes et des opportunités qui en ressortent, en vue de contribuer au processus décisionnel et de se préparer pour se positionner dans le nouveau contexte’’, explique-t-il. Autrement dit, la logique de positionnement du secteur privé sur les négociations semble déjà révolue, il faut désormais préparer les opérateurs économiques de la région à entrer dans la dynamique de la création d’une zone de libre-échange.

Visiblement, le vin est tiré. Mais toujours est-il qu’il est utile pour les acteurs du secteur privé qui subiront au premier chef, les effets néfastes de l’accord de libre échange de s’informer sur le processus en cours afin de se retrousser les manches pour relever les défis de compétitivité qu’imposera le nouveau contexte. Ce à quoi s’atèle le séminaire régional qui a ouvert ses portes hier au Centre International des Conférences de Cotonou.

Gnona

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Afrique de l’Ouest: Chute probable du prix du coton-graine

Posté par gnona le 06 Fri, 01 Jun 2007 11:47:13 +000013 23, 2007

 La spirale de chutes des cours du coton ne connaîtra  pas son épilogue la prochaine saison. Selon le Groupe français Dagris, le prix du coton-graine sera encore revue à la baisse lors de la campagne 2007-2008.

‘’ La campagne 2007-2008 devrait malheureusement connaître une nouvelle diminution du prix du coton-graine aux producteurs’’ a annoncé la société Dagris. Dans sa dernière note de conjoncture, le Groupe français a indiqué que cette révision à la baisse du prix du coton aura pour conséquence une chute probable de la production cotonnière africaine.
 
Jeudi, la livre cotait 50.45 pour une livraison en Juillet, l’un des mauvais plus offres enregistrées depuis le début de l’année 2007.

Déjà durant la campagne 2006-2007, toutes les filières africaines ont été contraintes de baisser le prix d’achat du coton-graine  aux producteurs, ce dernier passant de 198 F Cfa/ne moyenne pondérée  au cours de la campagne 2004-2005 à 164 kg en 2006-2007, soit une baisse de 17%. ‘’ Pendant la même période, la production de coton graine connaissait une baisse importante de 600 000 tonnes, passant de 2,6 millions à 2 millions de tonnes’’, ajoute la Dagris.

Au Bénin, le coton-graine a été livré à 170 F Cfa le kilo au cours de la campagne 2006-2007
Selon le Groupe français, le coton de l’Afrique de l’Ouest et du Centre a surtout souffert de la dépréciation du dollar par rapport au Franc Cfa. Bien qu’au cours de la campagne écoulée, le prix de la fibre soit en légère augmentation en dollar par rapport à la campagne 2005-2006, il se retrouve en nette diminution après conversion en F Cfa.

‘’ Si l’on compare la moyenne de l’Indice A sur huit premiers mois de la campagne 2005-2006 avec celle de la même période 2006-2007, il apparaît une augmentation de 3,3% en dollars (de 56,4 à 58,5 cts/lb)  mais une baisse de 4% en F Cfa (de 680 à 653 F F CFA)’’ analyse la Dagris.

Les conséquences sur le revenu des producteurs sont dramatiques. Le revenu brut de l’ensemble des producteurs de coton des principales filières d’Afrique de l’Ouest et du Centre s’est réduit, au cours de ces trois dernières années, passant de 790 millions d’euros en 2004-2005, à 575 millions en 2005-2006 et 505 millions d’euros en 2006-2007. La Dagris souligne que le coût de ce manque à gagner cumulé de près de 500 millions d’euros dans le milieu rural aura des répercussions extrêmement négatives sur la stabilité et le développement des Etats de la zone cotonnière.
 

Gnona

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