Le Blog de Gnona

L’Economie africaine au quotidien

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Bénin: Des raisons d’espérer

Posté par gnona le 07 Tue, 31 Jul 2007 12:25:46 +000046 23, 2007

 A cette veille de la fête de l’Indépendance, le gouvernement du Président Boni Yayi peut se prévaloir d’un bilan économique plus ou satisfaisant au regard des derniers indicateurs économiques qui donnent des raisons d’espérer.

Sans nul doute, le Bénin d’aujourd’hui semble économiquement plus viable et mieux gérer qu’il y a encore trois années. Les récentes données publiées par la Bceao (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest sur les perspectives économique au sein de l’Uemoa (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest) a montré que, lentement mais sûrement  le Bénin remonte la pente des contre-performances économiques de la fin du régime Kérékou et comme aime le dire, le ministre Pascal Koupaki, comble les trous et s’emploie à redécoller.

Même s’il serait très tôt et prétentieux de parler de relance économique, le nouveau souffle dont se tape l’économie béninoise est à l’actif du gouvernement du Président Boni Yayi, qui dès sa mise en place a tenté de remettre à l’endroit et de consolider le cadre macro-économique du pays dont l’équilibre se trouvait sérieusement écorné. Rappelons au passage que, de  6,2% de croissance au moment où, Abdoulaye Bio Tchané quittait le ministère des finances en 2000 pour son poste de Directeur Afrique du Fonds monétaire International (FMI), Cosme Sehlin a laissé son portefeuille à son successeur Pascal Irénée Koupaki sur une croissance de 2,9% avec, semble-t-il, 200 millions dans les comptes de la Bceao. Une croissance qui, excepté la parenthèse du début de l’ère du Renouveau démocratique, est à retrouver dans les périodes de marasme économique des années 1980. Aujourd’hui, de sources proches des milieux financiers ouest-africains, le compte du Bénin à la banque centrale serait crédité d’environ 183 milliards de francs Cfa.

Les causes de la relance

Le premier défi auquel s’est attaché le gouvernement actuel a été la relance du coton béninois dont la campagne de production 2005-2006 a connu un repli exceptionnel de 190.000 tonnes. On se rappelle encore du préfinancement des 14 milliards de francs Cfa de dettes aux producteurs,  des premières images du Chef de l’Etat béninois dans les champs du coton et son ambition de réaliser une production record de 500.000 tonnes pendant la campagne 2006-2007. Néanmoins, cette campagne s’est soldée par une production de 250 000, loin des 350 000 tonnes de prévisions et des ambitions du Président de la République. Mais cette hausse relative de la production par rapport à la campagne précédente a eu un effet bénéfique sur la croissance portée en décembre 2006 à 3,6%. Ces efforts de croissance se sont émoussés par la crise énergétique et la flambée du prix du pétrole qui ont induit un impact négatif sur la production industrielle.

Mais l’élément fondamental de ce début de relance reste l’assainissement des finances publiques conduit avec brio par l’actuel ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki. En vue de réduire les déséquilibres des finances publiques, le Gouvernement a mis en oeuvre une série de mesures qui ont porté notamment sur la conduite d’audits des structures étatiques, le renforcement des régies financières, la mise en place d’un Comité de trésorerie et la centralisation des ressources de l’Etat auprès de la Bceao. Aujourd’hui, l’usage abusif des ordres de paiement relève du passé et l’Etat béninois dispose désormais d’un référentiel de prix pour l’achat des équipements et fournitures de bureau de l’administration.

Ces actions ont, par ailleurs, contribué à instaurer un cadre propice à une meilleure gestion de la dette publique afin de préserver les acquis résultant des allégements de dettes obtenus dans le cadre de l’annulation de la dette extérieure du Bénin. Du fait de ces annulations, d’un montant total de 570,3 milliards, l’encours de la dette extérieure rapporté au PIB s’établirait à 13,7% en 2006 contre 40,0% en 2005.

Afin de consolider les acquis de 2006, le gouvernement a démarré l’année en cours sur des objectifs de poursuite de l’assainissement des finances publiques, de l’augmentation de la production cotonnière. La prévision de croissance, annoncée début janvier pour 4,1%, a été reportée fin mai à 5% par la Bceao. La banque centrale table surtout sur une bonne campagne cotonnière, l’amélioration de la compétitivité du port autonome de Cotonou et la lutte contre la corruption. Les performances économiques dépendront également des progrès dans la diversification de la production et des exportations du pays et de l’impact positif du processus de libéralisation des activités de manutention et de l’assouplissement des restrictions commerciales imposées par le Nigeria.

Les obstacles aux prévisions de croissance
 
Malheureusement, ces perspectives encourageantes de la Bceao se heurtent à la poursuite de la crise énergétique qui, selon la Bceao, aurait déjà entraîné une chute de 25% de la production industrielle. De plus, la crise qui secoue actuellement le secteur des GSM au Bénin va forcément tirer la croissance vers le bas. La mise sous tension des équipements de Moov et Mtn dont l’impact économique reste à évaluer, laissent présager des effets négatifs sur la croissance, du fait d’importantes ressources perdues par l’Etat, des milliers d’emplois perdus ainsi que les perturbations de réseaux aux abonnés téléphoniques en général et aux opérateurs économiques en particulier. De la même manière, cette crise constitue un frein pour l’investissement direct étranger du fait qu’elle suscite beaucoup d’interrogations sur l’environnement des affaires au Bénin.

Mais visiblement, les indicateurs actuels montrent que le gouvernement tient le bon bout de la clef de la relance économique du pays. Il  y a donc des raisons d’espérer, à condition que les efforts déployés çà et là s’opèrent de façon cohérente afin que l’opinion n’ait pas l’impression que le gouvernement navigue à vue.

Gnona

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Le Bénin pourrait atteindre 5,0%de croissance en 2007

Posté par gnona le 07 Fri, 06 Jul 2007 12:53:08 +000008 23, 2007

Le Bénin pourrait atteindre une croissance économique de 5,0% en 2007, a annoncé un rapport de la Bceao (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) publié, il y a seulement quelques jours.

Le taux de croissance du produit intérieur brut du Bénin pourrait dépasser les prévisions de 4,1% annoncées en début d’année pour s’établir à 5,0% avant la fin de l’année 2007. Selon un récent rapport de la Bceao sur les perspectives économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest, cette relance de la croissance viendrait essentiellement de la hausse de la production de coton-graine qui, en dépit les dégâts causés par les parasites dans certaines régions du pays, a pu atteindre 250 000 tonnes contre 190 000 tonnes la campagne précédente. Conséquence, la Banque centrale indique que les secteurs secondaires et tertiaires bénéficieraient donc des effets induits par la production cotonnière à travers les activités d’égrenage et de transport.

Outre la production cotonnière, cette hausse de la croissance découlerait également du renforcement de la rigueur du budgétaire et de l’amélioration de la qualité de la gouvernance. Visiblement, les efforts d’assainissement des finances publiques entrepris par l’ancien ministre en charge des Finances, Pascal Koupaki devraient produire cette année des effets bénéfiques pour la croissance. Bien que les Béninois aient remarqué une réduction de leur pouvoir d’achat, la Bceao note un rationnement important dans la gestion des deniers publics. Autrement, l’argent facile ne circule plus au Bénin. Le niveau de la consommation des ménages pourraient enregistrer une hausse de 2,8%,  consécutive à l’amélioration des revenus tirés de la vente du coton-graine.

Les exportations seraient en augmentation de 7,9%, alimentée par l’accroissement des quantités de coton-fibre, ajoute la Baceao. Le taux d’investissement ressortirait à 22,3% du PIB contre 22,1% en 2006.
Le taux d’inflation s’établirait à 0,2% en moyenne en 2007 contre 3,0% en 2006, sous l’hypothèse d’une décrue des prix à la pompe des  carburants et d’une abondance de l’offre de produits alimentaires, principal déterminant de l’inflation.

La banque centrale évoque, par ailleurs, les progrès dans la diversification de la production et des exportations du pays comme d’autres facteurs pouvant doper la croissance au Bénin. Le secteur tertiaire pourrait également bénéficier de l’impact positif du processus de libéralisation des activités de manutention, du renforcement de la gestion du Port Autonome de Cotonou, et de l’assouplissement des restrictions commerciales imposées par le Nigeria.

La croissance économique en 2006 s’est établie à 3,6% du fait de la chute de la production cotonnière au cours de la campagne 2005-2006.

La Bceao annonce que le Bénin pourrait atteindre un nouveau palier de taux de croissance économique  en 2008 et en 2009, avec un taux de croissance de 6,0%. Cette évolution serait portée essentiellement par les investissements réalisés notamment dans le cadre du programme appuyé par les ressources du Millénium Challenge Account et la poursuite des
réformes structurelles orientées vers l’amélioration de l’environnement des affaires et de la compétitivité de l’économie béninoise.

Toutefois, l’institut d’émission précise que des risques potentiels pèseraient sur les perspectives économiques du Bénin pour l’année 2007. Il s’agit notamment des aléas climatiques, et aux retards éventuels dans la mise en oeuvre des réformes prévues dans la filière cotonnière.

Gnona 

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Traçabilité de l’ananas béninois: Veritas à la rescousse

Posté par gnona le 07 Fri, 06 Jul 2007 12:46:18 +000018 23, 2007

ananas.jpgananas.jpgananas.jpgL’ananas béninois va bientôt retrouver le chemin des exportations à la faveur de l’intervention du bureau Veritas qui propose ses services aux producteurs et exportateurs béninois.

Les difficultés d’exportation de l’ananas béninois sont en passe de trouver une solution, grâce à l’appui probable que le bureau Veritas, connu au Bénin sous le nom de Bivac International, apportera aux producteurs/exportateurs en matière de contrôle de la qualité et de leur accompagnement dans le processus de certification aux normes internationales. En tout cas, les producteurs et exportateurs en ont émis le vœu hier à l’issue d’un échange avec les responsables du bureau Véritas sur l’expérience des producteurs ivoiriens et ghanéens en matière d’exportation de l’ananas. A travers un exposé qui  a retracé tout le processus de démarche qualité qu’empruntent les producteurs, Mamadou Baro, expert en ananas du Bureau Veritas en Côte d’Ivoire a expliqué aux producteurs et exportateurs béninois les clés de succès de la production d’ananas dans ces deux pays.

Selon Monsieur Baro, le respect des directives de Bruxelles constitue le minimum exigé aux exportateurs qui entendent positionner leurs produits sur le marché européen. ‘’ Le marché international est très exigeant surtout lorsqu’il s’agit des fruits et légumes. Lorsque sur une cargaison de mangues, une seule mangue contient une larve de mouche, toute la cargaison est détruite’’ informe-t-il pour montrer le niveau d’exigence du marché en matière de qualité. Il y a trois niveaux de contrôle de la qualité de l’ananas exporté : le contrôle de la palette, le contrôle externe du fruit et le contrôle interne du fruit.

Pour Monsieur Baro, la mise en place d’un dispositif de traçabilité en Côte d’Ivoire et au Ghana a été une gageure, la grande masse des exploitants étant constituée de petits producteurs. ‘’ Si les autres ont pu réussir, pourquoi pas le Bénin ?’’, s’interroge-t-il optismiste . Au niveau de la Côte d’Ivoire, il existe aujourd’hui une norme ivoirienne, une sorte de référentiel de contrôle de qualité du champ jusqu’au quai fruitier. La labellisation  de l’ananas ivoirien a été le fruit d’une synergie entre la volonté politique et une organisation solide des producteurs pour défendre l’intérêt commun, a explique Mamadou Baro.

Le souhait des producteurs/exportateurs

« Nous devons  faire en sorte que le bureau Véritas nous appuie au Bénin », ont plaidé les producteurs et exportateurs béninois qui ont demandé l’appui de l’Etat pour la mise en place d’un partenariat avec ce cabinet de contrôle. Cette préoccupation est partagée par la délégation de l’Union européenne au Bénin qui propose la mise en place d’un système qualité indépendant. ‘’ L’acheteur ne connaît pas forcément les structures de contrôle de qualité de l’Etat béninois, mais quand un cabinet international comme Véritas vous contrôle, il est rassuré’’, soutient le chargé du PIP (Programme Initiative Pesticides) au niveau de l’Union européenne à Cotonou.

Ce panel initié par l’Adex (Association de développement des exportations) est d’autant plus important que le Bénin envisage à partir de 2008 l’exportation de son ananas par voie maritime. Jusqu’à présent, à peine 1,4 % de la production de l’ananas est écoulée, par voie aérienne sur le marché international.
Et la situation est devenu encore plus critique depuis l’entrée en vigueur  Les nouvelles directives normalement en vigueur, le 1er janvier 2005, des nouvelles directives de l’Union européenne sur la limitation maximale des résidus de pesticides sur et dans les fruits et légumes. Aujourd’hui, l’accès au marché européen est conditionné par l’installation d’un laboratoire agréé.

Mais en matière de traçabilité, le Bénin a déjà fournis quelques efforts. En 2006, l’Adex avait formé plus de 210 producteurs d’ananas sur les itinéraires techniques et des bonnes pratiques en matière de production de l’ananas.  L’intervention probable du bureau Véritas viendra renforcer les capacités des producteurs et exportateurs afin que l’ananas béninois se positionne autant, sinon plus la Côte d’Ivoire et le Ghana sur le marché international.

Gnona

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Echec de Postdam: Coup dur supplémentaire pour le coton africain

Posté par gnona le 07 Fri, 06 Jul 2007 12:30:38 +000038 23, 2007

Le nouvel échec des négociations du cycle de Doha à Postdam, en Allemagne, constitue une difficulté supplémentaire pour le coton, plombée par les subventions accordées aux agriculteurs des pays développés.

La réunion de dernière chance tenue la semaine dernière entre les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et l’Union européenne pour sauver le cycle de Doha a tourné au fiasco. Loin de trouver un compris sur les questions essentielles concernant l’ouverture des marchés des pays émergents et du Sud aux productions industrielles de ceux du Nord contre un abaissement des barrières douanières et une suppression des subventions agricoles, ces pays se retrouvés pour faire simplement le constat de leur désaccord, renvoyant ainsi les attentes des cotonculteurs africains aux calendes grecques.

Pour certains spécialistes des négociations multilatérales, Postdam a sonné l’enterrement définitif du Cycle de Doha. Pourtant, l’aboutissement de ce cycle dit de développement, a-t-on annoncé, favorisé une concurrence loyale et des échanges équitables comme l’ont toujours demandé les producteurs africains.

Au sortir de la conférence ministérielle de Hong Kong en décembre 2005, la suppression des mesures de soutiens internes, à l’origine de la plupart des distorsions au commerce avait été soumise au progrès des négociations sur le cycle de Doha. Deux ans après ces négociations sont toujours au point mort. Pis encore, l’échec de Postdam laisse présager qu’il faudrait encore du temps pour revoir encore les grands tenants des négociations commerciales à la table de négociation. C’est dire que l’ouverture offerte par les pays riches, lors de la conférence de Hong Kong n’aura été que de la poudre aux yeux. En définitive, les pays africains n’avaient conclu qu’un marché de dupes/

Le doute qui s’installe autour de l’avenir du Cycle de Doha constitue une menace supplémentaire pour les filières cotonnières africaines qui constituent le gagne-pain de plus de 10 millions de paysans démunis. Car, le maintien du statu quo suppose la poursuite des subventions des pays riches qui ne font que tirer le prix du coton vers le bas. 
Même si ces derniers jours, il a été noté un relèvement du cours du coton, il n’en demeure pas moins certain que le nouvel échec des négociations constitue un nouveau coup de assommoir sur le coton africain. 

Déjà étranglés financièrement par le déficit de la campagne 2006-2007 estimé à 400 milliards de francs CFA pour l’Afrique de l’Ouest et Centre, les cotonculteurs devront affronter la campagne 2007-2008 sans l’avoir l’assurance que le commerce international pèserait en leur faveur. Pourtant ces paysans n’ont jamais demandé de cadeaux. Mais simplement un bon fonctionnement du marché international à travers l’application des principes de base de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc). Quand on voit que ce sont les principaux pays donateurs de l’Afrique qui l’empêchent à commercer de façon équitable, il y a lieu de se poser des questions sur le sens du co-développement.

Gnona

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