TIC : La faible connexion handicape les radios béninoises
Posté par gnona le 05 Tue, 26 May 2009 16:11:17 +000017 23, 2007
Une récente étude réalisée par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest a mis en relief la faible présence des radios béninoises sur le web. Le retard consenti par les radios béninoises dans l’appropriation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dénote surtout de la qualité de la bande passante du pays qui laisse à désirer.
Le Bénin dispose de la fibre optique à gogo mais reste paradoxalement handicapé par la faiblesse de sa bande passante. Une conférence-débat organisée, lundi 18 mai, à Cotonou autour du thème : « Radio et NTIC au Bénin et en Afrique de l’Ouest, quels usages et quels enjeux ? », a une fois encore, relevé la faiblesse de la connexion internet qui empêche souvent le téléchargement des documents lourds à partir du Bénin. Les radios béninoises en sont victimes et peinent aujourd’hui à marquer leur présence sur la toile. Cette conférence initiée par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) en collaboration avec le Campus numérique francophone de Cotonou et l’Union des Professionnels des Médias du Bénin lui a permis de rendre compte d’une étude récente qu’il a produite pour faire l’état des lieux de la connectivité des radios ouest-africaines aux TIC (internet, satellite, ordinateur, outils de stockage numérique…)
220 radios ont été enquêtées dont une vingtaine de radios béninoises. Les résultats de l’étude, présentés par Ken Lohento, coordonnateur du programme TIC de l’IPAO sont éloquents. Le taux d’accès moyen à l’internet des radios des sept pays de la région enquêtés (Ghana, Sénégal, Mali, Sierra-Léone, Burkina-Faso, Niger, Bénin) est estimé à 51,8% dont 72,2% pour les radios privées commerciales et 31,5% pour les radios communautaires ou associatives. La moyenne béninoise de connectivité s’élève à 55%, toutes radios confondues, révèle l’étude. Parmi les pays enquêtés, le Ghana et le Sénégal caracolent en tête avec un taux de connectivité respectif de 93,5% et 89,7%. Au Ghana et au Sénégal, toutes les radios commerciales sont connectées à l’internet.
Si l’étude a démontré que les TIC sont bien présentes dans les radios béninoises notamment grâce à l’usage de la téléphonie mobile et de la technologie ADSL, la présence de ces radios sur le net est très faible. Au Bénin comme dans la plupart des pays enquêtés, la diffusion en live sur internet est très instable ou inexistante, bien que souvent annoncée. Les rares radios présentes sur la toile disposent très peu de contenus. Mais une fois encore, le Ghana et le Sénégal sont les pays où les radios disposent davantage de sites web.
La faible représentativité des radios béninoises sur la toile se justifie, non seulement par le coût élevé de la connexion internet au Bénin mais surtout de la faiblesse de la bande. Non seulement le téléchargement est très difficile avec le faible niveau de connexion mais écouter une radio sur internet au Bénin est presque impossible. Même Radio France International (RFI) qui travaille, chaque jour pour rendre moins ses bases de données, n’est pas facilement écoutable sur internet au Bénin.
Pour permettre aux radios béninoises de tirer le maximum des opportunités que les offrent les nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’étude recommande, entre autres, le développement de la connectivité par l’augmentation de la bande passante, la consolidation des infrastructures, l’extension de la couverture des réseaux téléphoniques et la baisse des coûts d’accès. Elle préconise également la mise en place des serveurs pouvant héberger les sites web des radios ainsi que l’intégration des TIC dans la formation des journalistes et animateurs de radios.
Présent au cours de la conférence, Marcellin Illougbadé, directeur des études et de la réglementation au ministère en charge de la communication a exposé la stratégie nationale des TIC au Bénin et levé un coin de voile sur le projet béninois de migration numérique à l’horizon 2015.
Par Gnona