Le nouvel échec des négociations du cycle de Doha à Postdam, en Allemagne, constitue une difficulté supplémentaire pour le coton, plombée par les subventions accordées aux agriculteurs des pays développés.
La réunion de dernière chance tenue la semaine dernière entre les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et l’Union européenne pour sauver le cycle de Doha a tourné au fiasco. Loin de trouver un compris sur les questions essentielles concernant l’ouverture des marchés des pays émergents et du Sud aux productions industrielles de ceux du Nord contre un abaissement des barrières douanières et une suppression des subventions agricoles, ces pays se retrouvés pour faire simplement le constat de leur désaccord, renvoyant ainsi les attentes des cotonculteurs africains aux calendes grecques.
Pour certains spécialistes des négociations multilatérales, Postdam a sonné l’enterrement définitif du Cycle de Doha. Pourtant, l’aboutissement de ce cycle dit de développement, a-t-on annoncé, favorisé une concurrence loyale et des échanges équitables comme l’ont toujours demandé les producteurs africains.
Au sortir de la conférence ministérielle de Hong Kong en décembre 2005, la suppression des mesures de soutiens internes, à l’origine de la plupart des distorsions au commerce avait été soumise au progrès des négociations sur le cycle de Doha. Deux ans après ces négociations sont toujours au point mort. Pis encore, l’échec de Postdam laisse présager qu’il faudrait encore du temps pour revoir encore les grands tenants des négociations commerciales à la table de négociation. C’est dire que l’ouverture offerte par les pays riches, lors de la conférence de Hong Kong n’aura été que de la poudre aux yeux. En définitive, les pays africains n’avaient conclu qu’un marché de dupes/
Le doute qui s’installe autour de l’avenir du Cycle de Doha constitue une menace supplémentaire pour les filières cotonnières africaines qui constituent le gagne-pain de plus de 10 millions de paysans démunis. Car, le maintien du statu quo suppose la poursuite des subventions des pays riches qui ne font que tirer le prix du coton vers le bas.
Même si ces derniers jours, il a été noté un relèvement du cours du coton, il n’en demeure pas moins certain que le nouvel échec des négociations constitue un nouveau coup de assommoir sur le coton africain.
Déjà étranglés financièrement par le déficit de la campagne 2006-2007 estimé à 400 milliards de francs CFA pour l’Afrique de l’Ouest et Centre, les cotonculteurs devront affronter la campagne 2007-2008 sans l’avoir l’assurance que le commerce international pèserait en leur faveur. Pourtant ces paysans n’ont jamais demandé de cadeaux. Mais simplement un bon fonctionnement du marché international à travers l’application des principes de base de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc). Quand on voit que ce sont les principaux pays donateurs de l’Afrique qui l’empêchent à commercer de façon équitable, il y a lieu de se poser des questions sur le sens du co-développement.
Gnona