Le Blog de Gnona

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Echec de Postdam: Coup dur supplémentaire pour le coton africain

Posté par gnona le 07 Fri, 06 Jul 2007 12:30:38 +000038 23, 2007

Le nouvel échec des négociations du cycle de Doha à Postdam, en Allemagne, constitue une difficulté supplémentaire pour le coton, plombée par les subventions accordées aux agriculteurs des pays développés.

La réunion de dernière chance tenue la semaine dernière entre les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et l’Union européenne pour sauver le cycle de Doha a tourné au fiasco. Loin de trouver un compris sur les questions essentielles concernant l’ouverture des marchés des pays émergents et du Sud aux productions industrielles de ceux du Nord contre un abaissement des barrières douanières et une suppression des subventions agricoles, ces pays se retrouvés pour faire simplement le constat de leur désaccord, renvoyant ainsi les attentes des cotonculteurs africains aux calendes grecques.

Pour certains spécialistes des négociations multilatérales, Postdam a sonné l’enterrement définitif du Cycle de Doha. Pourtant, l’aboutissement de ce cycle dit de développement, a-t-on annoncé, favorisé une concurrence loyale et des échanges équitables comme l’ont toujours demandé les producteurs africains.

Au sortir de la conférence ministérielle de Hong Kong en décembre 2005, la suppression des mesures de soutiens internes, à l’origine de la plupart des distorsions au commerce avait été soumise au progrès des négociations sur le cycle de Doha. Deux ans après ces négociations sont toujours au point mort. Pis encore, l’échec de Postdam laisse présager qu’il faudrait encore du temps pour revoir encore les grands tenants des négociations commerciales à la table de négociation. C’est dire que l’ouverture offerte par les pays riches, lors de la conférence de Hong Kong n’aura été que de la poudre aux yeux. En définitive, les pays africains n’avaient conclu qu’un marché de dupes/

Le doute qui s’installe autour de l’avenir du Cycle de Doha constitue une menace supplémentaire pour les filières cotonnières africaines qui constituent le gagne-pain de plus de 10 millions de paysans démunis. Car, le maintien du statu quo suppose la poursuite des subventions des pays riches qui ne font que tirer le prix du coton vers le bas. 
Même si ces derniers jours, il a été noté un relèvement du cours du coton, il n’en demeure pas moins certain que le nouvel échec des négociations constitue un nouveau coup de assommoir sur le coton africain. 

Déjà étranglés financièrement par le déficit de la campagne 2006-2007 estimé à 400 milliards de francs CFA pour l’Afrique de l’Ouest et Centre, les cotonculteurs devront affronter la campagne 2007-2008 sans l’avoir l’assurance que le commerce international pèserait en leur faveur. Pourtant ces paysans n’ont jamais demandé de cadeaux. Mais simplement un bon fonctionnement du marché international à travers l’application des principes de base de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc). Quand on voit que ce sont les principaux pays donateurs de l’Afrique qui l’empêchent à commercer de façon équitable, il y a lieu de se poser des questions sur le sens du co-développement.

Gnona

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Signature des APE: Alea jacta es

Posté par gnona le 06 Tue, 05 Jun 2007 13:17:35 +000035 23, 2007

ecowas.jpgPlus de doute sur la signature de l’Accord de l’Accord de Partenariat économique à la date du 31 décembre 2007. Ce ministre béninois en charge du commerce en a donné confirmation le 4 juin 2007, au cours d’un séminaire régional du secteur privé.

Ce que les organisations de la société civile redoutaient depuis quelques mois s’est tristement confirmé. L’Accord de partenariat économique (APE) sera bel et bien signée, au 31 décembre 2007, sans que la région ait complètement bouclé son processus d’intégration.

‘’Il apparaît que, sous réserve de la prise en compte des préoccupations de nos pays dans les différents régions, le processus est irréversible’’, a déclaré le 4 juin, au cours d’un séminaire régional du secteur privé à Cotonou, le ministre béninois en charge du commerce. Pourtant, Moudjaïdou Soumanou faisait partie des ardents défenseurs du report de la date de signature et de l’octroi d’une dérogation de trois ans pour permettre à la région de rattraper son retard. Mais les pressions exercées par Bruxelles ont fini par avoir raison de la détermination des Etats à ne pas aller vers la signature.

Le sort des économies de la région Afrique de l’Ouest a été officieusement scellé lors de la 35è réunion du Conseil des ministres Acp-Ue, le 25 mai dernier à Bruxelles. Au menu, de cette réunion, était entre autres, la revue des négociations sur l’Accord de Partenariat. ‘’ Il ressort de cette revue que toutes les six configurations régionales Ape et l’Ue confirment leur engagement à conclure les négociations dans les délais convenus dans l’Accord de Cotonou à condition que des progrès soient réalisés dans trois domaines’’, informe le ministre.

Ces domaines, poursuit le ministre, concernent l’accès au marché, la rédaction du texte de l’Accord, la définition des mesures d’accompagnement de l’APE « y compris le financement du développement et les coûts d’ajustement en l’occurrence les ajustements fiscaux, la restructuration et la mise à niveau des entreprises, la mise en place d’infrastructures économiques compétitivités ».

Devant l’évidence d’une signature de l’Accord, quelle serait encore l’opportunité d’un séminaire du secteur les négociations APE ? La réponse à cette interrogation transparaît dans le discours de Moudjaïdou Soumanou. ‘’ Il importe que le secteur privé cerne clairement les enjeux pour avoir une bonne visibilité des contraintes et des opportunités qui en ressortent, en vue de contribuer au processus décisionnel et de se préparer pour se positionner dans le nouveau contexte’’, explique-t-il. Autrement dit, la logique de positionnement du secteur privé sur les négociations semble déjà révolue, il faut désormais préparer les opérateurs économiques de la région à entrer dans la dynamique de la création d’une zone de libre-échange.

Visiblement, le vin est tiré. Mais toujours est-il qu’il est utile pour les acteurs du secteur privé qui subiront au premier chef, les effets néfastes de l’accord de libre échange de s’informer sur le processus en cours afin de se retrousser les manches pour relever les défis de compétitivité qu’imposera le nouveau contexte. Ce à quoi s’atèle le séminaire régional qui a ouvert ses portes hier au Centre International des Conférences de Cotonou.

Gnona

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Fonds régional de développement : Le cadeau empoisonné de l’Union européenne

Posté par gnona le 03 Fri, 23 Mar 2007 10:28:11 +000011 23, 2007

Alors que la résistance est forte au niveau de la société civile africaine d’aller vers la signature de l’Accord de partenariat économique, l’Union européenne décide subitement de la mise en place d’un fonds régional de développement. A quelles fins ?

C’est avec une grande stupéfaction que autorités politico-administratives, secteur privé, société civile et autres experts impliqués dans les négociations sur l’Accord de Partenariat économique (APE) ont accueilli, mercredi à la délégation de l’Union européenne à Cotonou, une nouvelle des moins attendues.
Bruxelles veut mettre à la disposition de la région Afrique de l’Ouest un fonds régional de développement. Cette enveloppe financière, dont le montant reste à préciser, sera logée au siège de la Cedeao à Abuja et devrait, semble-t-il, servir à financer les mesures d’accompagnement de la mise en œuvre de l’APE. De quoi renforcer le tissu économique de la région, invitée à ouvrir désormais son marché dans le cadre d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest. Au nom de l’Omc (Organisation mondiale du commerce).

Si le principe de la mise en place du fonds ne pose aucun problème, le contexte dans lequel arrive ce fonds suscite déjà des interrogations et bien des inquiétudes au sein de la société civile ouest-africaine. En dépit de la décision de la région de demander un moratoire de trois ans pour la signature de l’APE, normalement prévu pour le 31 décembre 2007, l’Union européenne fait toujours la sourde oreille et poursuit la grande marche vers a signature de l’Accord de partenariat économique. Officiellement, Bruxelles estime qu’elle a déjà fait, au niveau de l’Omc, trop de concessions pour obtenir la dérogation de signature de l’APE en 2007. Pourtant l’Accord de Cotonou prévoit la possibilité d’une prorogation du délai de la signature de cet Accord. 

 L’arrivée de ce fonds régional est d’autant plus surprenante que depuis plusieurs années, la région a toujours demandé la prise en compte de la dimension développement au niveau de l’APE. Mais l’UE a toujours estimé que cette question est déjà réglée par l’Accord de Cotonou, au travers du mécanisme FED (Fonds européen de développement).

Ce revirement laisse croire qu’il y a des non dits dans la mise en place de fonds. Lorsqu’on examine la fermeté avec laquelle certains pays comme le Bénin, disent leur opposition à un accord précipité et préjudiciable à la région, il est probable que l’objectif de ce fonds est de créer une fissure au niveau de la solidarité régionale pour amener certains pays à signer l’accord.

Pourtant, toutes les études d’impact dont l’Union européenne a d’ailleurs rejeté les conclusions, indiquent l’APE aura des retombées négatives la région si les défis d’intégration régionale ne sont pas relever. Ces défis concernent notamment la mise en œuvre de l’union douanière avec à la clé une disposition de traitement différencié sur les produits dits sensibles, l’amélioration de l’environnement des affaires, la création d’un cadre incitatif à l’investissement, la mise à niveau des entreprises et le renforcement de la compétitivité de l’économie de la région. 

Gnona Afangbédji

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