Loin des tapis bleus de la Foire Internationale de Lisbonne (lieu du sommet Ue-Afrique),les organisations de la société civile européenne et africaines ont choisi la faculté des beaux arts de Bruxelles pour organiser un contre sommet autour du slogan : Afrique-Europe, il y a des alternatives.
Sous les feux de la rampe, on retrouve de nombreux mouvements altermondialistes qui ne ratent plus aucun rendez-vous pour dénoncer les effets pervers de la mondialisation qui, selon eux, fait des ravages en Afrique.
‘’ Nous sommes là pour dénoncer l’hypocrisie des Chefs d’Etat africains et européens. Demain, ils diront encore qu’ils parlent en notre nom alors qu’ils ont toujours menées des politiques qui vont l’encontre des peuples qu’ils représentent’’, martèle Timoteo Marcelo de l’Ong ‘’ Solidariedade Imigrante’’ lors d’une conférence de presse tenu ce vendredi, siège du Syndicat des Professeurs du Grand Lisbonne. Pour lui, le sommet Ue-Afrique n’est rien d’autre qu’une nouvelle balade de santé des décideurs africains et européens qui n’apportera pas de solutions concrètes aux problèmes du continent africain. Il estime qu’on ne saurait parler de coopération euro-africaine en fermant les portes de l’Europe à des centaines de jeunes africains qui choissent la voie difficile l’immigration clandestine. ‘’ Le droit de s’installer dans un pays est un droit fondamental. Vous ne pouvez vouloir coopérer avec un pays lorsque vous compliquer la vie à ses ressortissants qui désirent s’installer chez vous’’, dénonce Timoteo Marcelo
Le contre-sommet de Lisbonne entend également mettre en garde les Chefs d’Etat africains, notamment ceux de la région ouest du continent contre toute tentative de signature des accords de partenariats économiques. Selon Ndiogou Fall, Président du Roppa (Réseau des Organisations de producteurs d’Afrique de l’Ouest), les APE comportent d’énormes risques pour les producteurs africains qui seront en concurrence directe avec leurs homologues européens qui bénéficient des subventions et encore davantage de risques pour les Etats qui verront les budgets publics s’éroder à cause de la baisse des tarifs douaniers.
‘’ Nous ne comprenons pas pourquoi on veut obliger nos pays, à coup de promesse d’aide au développement, à baisser les tarifs alors que l’Union européenne continue de d’appliquer 64% de droits de douane sur les importations des produits laitiers sur son territoire’’, s’insurge Ndiogou Fall qui conclut : ‘’ Nous préférons les ressources propres à une aide incertaine’’.
Au-delà de l’étiquette activiste que certains détracteurs semblent lui porter, la réunion des organisations de la société civile se veut surtout une rencontre de propositions sur les grands défis du continent africain. La souveraineté alimentaire, l’immigration et les changements climatiques constituent aux yeux des altermondialistes des questions essentielles auxquelles il faut trouver des solutions urgentes.
De Lisbonne, Gnona AFANGBEDJI