Le Blog de Gnona

L’Economie africaine au quotidien

Ken Lohento, Coordonnateur des Programmes TIC à l’Institut Panos: « Il est temps pour le Bénin d’avoir un organe de régulation définitif et indépendant »

Posté par gnona le 05 Tue, 26 May 2009 16:04:55 +000055 23, 2007

 Béninois vivant au Sénégal, Ken Lohento fait partie des pionniers dans le développement des TIC et la promotion de la communication citoyenne à l’ère du numérique en Afrique de l’Ouest. En marge du séminaire régional sur le cadre juridique des TIC, tenu du 11 au 13 mars à la station balnéaire de Saly (Sénégal), il a accepté de nous entretenir sur les enjeux de l’harmonisation des législations nationales et les défis de la régulation des télécommunications et des TIC en Afrique de l’Ouest et au Bénin. Interview.

Vous avez organisé, du 11 au 13 mars, un séminaire régional sur le cadre juridique et politique des télécoms et TIC en Afrique de l’Ouest. Il a été surtout question de l’harmonisation de la législation au niveau des pays. Quel est l’intérêt de cette harmonisation pour nos Etats en matière de d’amélioration de l’environnement des Télécoms et TIC ?

Ken Lohento : Je pense qu’aujourd’hui, nous vivons dans un monde globalisé qui oblige les différents ensembles régionaux à mieux s’organiser. En particulier, si nous considérons notre espace sous-régional ouest-africain, il est constitué de petits pays qui, individuellement, ne peuvent pas réellement peser dans l’économie mondiale. C’est pourquoi, il est important qu’il y ait une intégration régionale, une intégration qui soit non seulement politique mais également économique. Et si on veut aboutir à une intégration économique qui nous renforce et nous donne plus de poids au niveau international, il est important que toutes les lois qui gouvernent cet espace soient similaires. Il faut que l’investisseur qui vient dans la région ne puisse pas rencontrer différentes lois en passant du Bénin au Togo ou au Ghana. L’harmonisation est très importante pour que le marché sous-régional soit consolidé, qu’il y ait un marché unifié à l’investisseur c’est le cas au niveau de l’Union européenne.
 Dans le même temps, par rapport à la vie dans la société de l’information, si nous nous considérons comme un espace intégré régional, il est important que les règles qui régissent la communication citoyenne soient identiques d’un pays à un autre. Lorsqu’un citoyen ouest-africain qui circule dans la région, agit sur internet, il ne doit pas être en face de différentes législations qui constituent des casse-têtes. L’harmonisation est très importante dans un domaine de nouvelles technologies qui évoluent très vite. Si on est un seul pays, on n’a pas forcément toute la largeur de vue et toute la vision prospective nécessaire pour pouvoir légiférer sur tous ces sujets qui émergent et se développent très rapidement

Ce séminaire a révélé que les actes additionnels de la CEDEAO sur les Télécoms et TIC n’ont été transposés dans les législations nationales par la plupart des Etats membres. Comment expliquez-vous cette lenteur?

Je pense qu’il y a plusieurs problèmes auxquels la transposition fait face d’un pays à un autre. Il y a par exemple, les problèmes de stabilité politique dans certains pays. Si vous prenez l’exemple de la Guinée, ce pays ne peut absolument pas travailler sur un cadre légal ou politique unifié s’il y a des problèmes de gouvernance, des coups d’Etat. Les populations, du coup, ont d’autres réoccupations. La question se pose également lors que les ministres changent régulièrement. Lorsqu’un ministre commence un processus et un nouveau arrive, le travail initié par le premier est forcément freiné ou tout au moins ralenti.
Il y a aussi que les textes communautaires peuvent poser certains problèmes à certaines législations. Il y aura par exemple des dispositions qui contraignent des pays à réfléchir sur l’adéquation de ces textes communautaires avec leur constitution. Tout cela engendre des discussions supplémentaires qui font que d’un pays à un autre, il y a des lenteurs. Il faut qu’on travaille vraiment pour accélérer l’harmonisation pour que même les volets qui ne sont pas encore  intégrés, notamment les aspects liés la liberté d’expression, à la cybersécurité, à la promotion de la communication citoyenne, de la vie dans la société de l’information le soient le plus rapidement possible. On doit aussi créer de nouvelles législations sur des enjeux comme la propriété intellectuelle, la régulation de la convergence puisqu’aujourd’hui on ne peut plus réguler de façon indépendante les médias et les télécommunications.

Vous parlez de régulation qui fait partie des éléments essentiels de cette harmonisation. Vous vivez au Sénégal, vous maîtrisez mieux le mécanisme de régulation des télécoms au niveau de ce pays. Alors, quelles sont les meilleures pratiques que les autres pays de la région peuvent tirer de l’expérience sénégalaise ?

Je ne veux pas faire de comparaison mais je sais qu’il y a eu des faits qui ont illustré que l’Agence de régulation des Télécommunications et des Postes du Sénégal (ARTP) est vraiment en avance sur d’autres agences dans la sous-région. Par exemple, lorsque l’ARTP arrive à amender la Société nationale des télécommunications (SONATEL) qui est l’opérateur historique, c’est une avancée.  Dans d’autres pays, l’opérateur historique est très représenté au niveau de l’agence de régulation de façon directe ou indirecte. Le régulateur a donc du mal à le sanctionner. Le Sénégal est parvenu à non seulement le rappeler à l’ordre mais à le sanctionner.
Un autre élément concerne les processus d’élaboration des normes. Je sais qu’il y a eu des propositions de lois que l’ARTP a mises en ligne et a demandé à tous les acteurs concernés de dire leur point de vue par rapport à cette réglementation. Cette démarche permet de recueillir les points de vue des acteurs du secteur des TIC que ce soit le secteur privé ou la société civile afin que ces lois soient plus ou moins des lois inclusives, qui tiennent compte des préoccupations des différentes catégories sociales. Aujourd’hui, Internet est accessible, au moins à tous les professionnels. On peut tirer avantage de cet outil pour demander leur avis. Et même la CEDEAO devrait améliorer son mode de consultation des citoyens communautaires. Non pas seulement organiser des réunions physiques mais soumettre des recommandations en ligne avant de les adopter.

En tant que Béninois, vous suivez certainement, de près, la situation dans votre pays. Quel est votre regard sur la régulation dans votre pays ?

Moi, je regrette premièrement qu’on ait toujours une instance provisoire. Je pense qu’il est temps qu’on puisse avoir un organe définitif et indépendant qui puisse être opérationnel et avoir les moyens financiers, technologiques d’agir pour un accès internet pour tous. Je crois également que les acteurs de la société civile qui sont dans cet organe doivent bien jouer leur rôle. J’ai aussi appris que certains membres de cet organe ne sont plus opérationnels parce qu’ils sont appelés à d’autres responsabilités. Si c’est le cas, il faut les remplacer, ou du moins, éclaircir un peu cette situation afin qu’ils puissent avoir le temps de bien contribuer à l’opérationnalisation de cet organe.

On parle souvent de l’indépendance des instances de régulation. Quel contenu donnez-vous à cette indépendance ?

L’indépendance peut être illustrée sous plusieurs aspects. Il y a d’abord l’indépendance dans la prise de décision, dans la régulation elle-même. Il y a l’indépendance économique. Là, c’est un peu difficile parce que les ressources que peuvent avoir les instances de régulation ne peuvent leur permettre de pouvoir réaliser toutes leurs missions. Ces organes dépendent aussi de l’Etat. Ils ont besoin d’avoir un budget de fonctionnement. C’est à ce niveau que, parfois, on peut avoir des soucis d’indépendance avec  le gouvernement. Dans certains pays, pour amener certains organes à être un peu plus attentif à la volonté du gouvernement, on joue parfois sur la disponibilité des ressources de fonctionnement. Mais en dehors de l’Etat, je crois que les organes de régulation doivent être aussi indépendants des autres forces sociales, notamment le secteur privé, plus particulièrement le secteur privé international. On a un secteur privé international qui est présent localement et qui a beaucoup plus de forces que l’Etat même. Donc le régulateur doit être aussi indépendant de ces pouvoirs économiques. C’est une question complexe, l’indépendance ne peut pas être totale. Mais il faut vraiment œuvrer pour que les décisions des organes de régulation soient des décisions inspirées par une bonne régulation inclusive qui puissent vraiment promouvoir le secteur des TIC dans le pays.

Propos recueillis par Gnona

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Lutte contre l’essence Kpayo : L’Etat est-il essoufflé ?

Posté par gnona le 05 Tue, 26 May 2009 06:13:15 +000015 23, 2007

L’essence dite frelatée communément appelé « kpayo » au Bénin fait encore parler d’elle. Depuis plus d’un mois, l’Etat et les revendeurs de ce produit se livrent à un jeu de yoyo pour lequel il est encore risqué de parier sur qui aura définitivement le dessus.

A l’origine, une série d’incendies, coup sur coup occasionnés par des transporteurs en vrac de l’essence qui ont fait beaucoup de morts à Cotonou, la capitale économique du Bénin. Pour un Etat qui se respecte, on ne saurait tolérer cette activité informelle, qui plus est, constitue une menace constante d’insécurité pour la population. Le gouvernement a donc profité de la baisse du cours du brut sur le marché international pour passer à l’attaque. Pour marquer son volontarisme, il fait passer le prix de l’essence à la pompe de 485 à 350 francs. De quoi faire taire les critiques qui l’accusent souvent de vouloir assainir le marché sans proposer de mesures d’accompagnement. La première et la principale d’ailleurs, c’est rendre l’essence moins chère et disponible dans les stations services. Rendre moins chère oui, mais la disponibilité du produit pose encore problème. Mais de l’autre côté, les revendeurs du « kpayo » qui sont d’une organisation impressionnante avaient plus d’un tour dans leur sac. Ils font passer également le litre à la table à 325 francs Cfa, voire 300, le marché nigérian, l’unique source d’approvisionnement s’étant arrimé à la tendance baissière du marché international. Commence alors une guerre de représailles sans merci engagée par le ministre en charge de l’Intérieur pour nettoyer ces « koweit cities » qui ne font toujours la fierté du pays.

L’Etat vers un nouvel échec ?

Mais les acteurs du « kpayo » connaissent mieux que quiconque les faiblesses de la stratégie de l’Etat et maîtrisent la psychologie du Béninois. Il estime que les retombées de la croissance ne sont pas équitablement réparties. Dans la conscience collective, c’une minorité haut placée qui s’en met plein les poches, ne lui demandez surtout pas de faire des sacrifices au nom de l’intérêt général. Dans ce cas de figure, patriotisme n’est pas Béninois. Les revendeurs du kpayo le savent. Ils déclenchent alors une grève générale d’une semaine. Pour ces acteurs qui gèrent plus de 70% du réseau de distribution des produits pétroliers au Bénin, il s’agit d’un signal pour démontrer leur force de frappe. Les conséquences sont apparues toute suite : longues filles d’attente, pénurie dans les stations-services à Cotonou. Dans d’autres villes du pays où les stations services ont fermé à cause de la concurrence déloyale du « kpayo », la situation étaient encore plus épouvantable. En quelques jours, la lutte que menait le ministre de l’Intérieur est devenue comme une tempête dans un ver d’eau. En lançant son opération coup de poing, le gouvernement savait pertinemment qu’il n’avait pas les moyens de sa politique. Car, il n’est pas à son premier coup. En 2006, la même opération s’est soldée par un fiasco. L’Etat a été obligé de ramener ces acteurs de l’informel à la table des négociations, avec à la clé des promesses de reconversion et de facilités pour avoir des micro-stations. Pour les revendeurs, qui sont bien conscients des dégâts que causent leurs activités, le gouvernement ne doit s’en prendre qu’à lui-même pour n’avoir pas respecté ses propres engagements. Aucun plan cohérent de reconversion n’a été concocté, en dépit des multiples séances de travail qu’ils ont eu avec le ministre en charge du commerce et son homologue de la micro-finance. Quand aux stations trottoirs, l’idée a été récupérée par des opérateurs économiques au détriment de ceux pour qui le concept a été promu. Aucun revendeur n’a pu installer une seule mini-station. Comme si de rien n’était, les « koweit cities » ont repris du service jusqu’à ce nouveau bras de fer. Aujourd’hui, cette lutte semble, une fois encore tournée en faveur des revendeurs d’autant qu’ils sont repris du service et font drainer encore les consommateurs. L’Etat devra encore reculer plus loin que d’habitude avant de venir à bout de cette activité qui constitue une véritable bombe à retardement.
Gnona

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Fête nationale 2009 à Lokossa : Comme si de rien n’était

Posté par gnona le 03 Tue, 17 Mar 2009 07:20:31 +000031 23, 2007

Comme si de rien n’était ! A quatre mois de la fête du 1er aout 2009, les travaux d’aménagement des sites devant abriter les festivités du 49è anniversaire de l’indépendance du Bénin sont presque au point mort. C’est le triste constat que révèle la visite, hier mardi 16 mars, du ministre en charge de l’urbanisme sur le terrain.
Les inquiétudes de la population de la ville de Lokossa sont, pour le moment, pleinement justifiées. « On dit qu’il y a fête mais on ne voit rien, à part les villas en chantier », se désole Sossou Dakpè, maire de la ville de Lokossa. L’autorité de tutelle du département est encore plus préoccupée. « Nous avions beaucoup d’inquiétudes, nous attendons la fin du mois pour faire une bonne appréciation de la situation », commente Corenthin Kohoué, Préfet des départements du Mono et du Couffo.  Les deux autorités ont profité de la descente sur le terrain du ministre en charge de l’urbanisme pour se faire entendre.
Un tour sur les divers sites prévus pour les festivités du 49è anniversaire de l’indépendance du Bénin permet de se rendre à l’évidence. La grande artère de la société industrielle des textiles (Sitex) prévue pour abriter le défilé civil et militaire attend toujours des premiers coups de pioches. Le gouvernement a décidé de reprendre le pavage de la voie qui est en état de dégradation avancé. Mais jusqu’à hier, aucune entreprise n’est encore présente sur le terrain. Selon le ministre de l’urbanisme, ce retard s’explique par le fait que le premier appel d’offre a été déclaré infructueux. « Un autre appel d’offre a été lancé, l’entreprise est déjà retenue, nous sommes en train de faire le dossier du marché, dès la semaine prochaine, les travaux vont démarrer », promet François Noudogbessi. A la place de l’Etoile rouge censée abriter la cérémonie de dépôt de germe, c’est le même constat. Le dossier du marché est aussi en cours, confie le ministre.
Mais c’est surtout le cas du stade municipal de Lokossa qui offusque le premier responsable de la commune. Sossou Dakpè dit ne pas comprendre le mutisme du ministre des sports qui ne donne pas signe de vie dans la localité. « C’est la fête du 1er Aout, donc ce stade devra abriter la finale de la coupe de l’indépendance mais son état actuel ne s’y prête pas du tout », fait observer le maire à la délégation ministérielle. De la même manière, aucune disposition concrète n’est encore prise, de l’avis de l’autorité locale, pour le site devant abriter la foire de l’indépendance.
Le ministre se veut rassurant

Les seuls actes qui symbolisent encore les préparatifs de la fête de l’indépendance à Lokossa sont les chantiers des logements sociaux. Dans le cadre des festivités, le gouvernement a retenu la construction de 100 villas dans la ville de Lokossa. Le point actuel des travaux est mitigé. Si sur le site de Ouèdèmè, les briques sortent déjà de terre, ce n’est pas le cas de celui de Fongba où les entreprises sont toujours à l’étape de l’implantation. Malgré le retard relevé sur les chantiers, les entreprises ont promis livrer les travaux dans les délais contractuels. En principe, les promoteurs devraient être à un taux d’exécution de 45%. Mais le tableau récapitulatif du point des travaux au 13 mars 2009 indique 30% pour Tharcicius Sarl, 15% pour Agetip sur le site de Ouèdèmè, 6% pour Agetur et 2% pour la société SEBA sur le site de Fongba.
Faisant le point de sa visite, le ministre a rassuré le maire et le préfet que les festivités auront bel et bien lieu à Lokossa. « Les inquiétudes se lisent sur les visages parce que les gens ne sont pas sur le terrain. Mais il faut aussi comprendre qu’il y a des travaux de bureaux qui se font », justifie François Noudégessi qui promet que les choses vont s’accélérer dans les semaines à venir. Quant aux dossiers relevant des ministères des sports et du commerce, il a indiqué que toutes les dispositions sont en train d’être prises pour que la fête soit encore plus belle à Lokossa.

Gnona

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Stationnement anarchique des Camions gros porteurs à Cotonou:

Posté par gnona le 01 Tue, 08 Jan 2008 14:37:16 +000016 23, 2007

Aboutissement de mauvaises politiques de transport et d’urbanisme au Bénin. C’est la conclusion à laquelle on parvient lorsqu’on analyse de près l’épineux problème du stationnement anarchique des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou.

Les Cotonois commencent à avoir assez des camions gros porteurs dans la capitale économique du Bénin. Sur toutes les grandes artères de la ville, les camions en attente de chargement au port autonome de Cotonou occupent les chaussées, laissant un passage étroit aux automobiles et autres motocyclistes. Pendant les heures de pointe, la circulation devient encore plus éprouvante pour les usagers condamnés à observer le « go slow » dans une atmosphère complètement surchauffée par les fumées que dégagent les gaz d’échappement des milliers de moteurs à deux roues.

La situation est devenue encore plus critique, ces dernières semaines sur le tronçon qui mène à la mosquée centrale de Zongo. Du fait de l’ouverture du port sec de Cotonou, de nombreux camions gros porteurs se sont créés des parkings plein air dans toutes les rues avoisinant la nouvelle zone portuaire, et plus particulièrement dans la voie qui passe devant la banque régionale de Solidarité. Stationnements anarchiques, blocages systématiques des voies, le tout sur fonds de démarrages incontrôlés des conducteurs inexpérimentés, font le lot quotidien des Béninois qui travaillent ou empruntent quotidiennement ces rues devenues de véritables couloirs de la mort. Sur ces tronçons, les risques d’accident sont élevés au rouge. Parlant d’accidents d’ailleurs, l’année 2007 aura été une année record pour les accidents de camions gros porteurs au Bénin et plus particulièrement dans la ville de Cotonou. Il ne se passe pas un mois sans qu’on enregistre un renversement de camions  de marchandises, ou le pire, un conducteur de zémidjan ou un simple motocycliste fauché par les camions gros porteurs.

Pourtant, on ne peut pas dire que les gouvernements successifs ne se sont préoccupés du problème de la circulation des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou. En dehors, de la réglementation des horaires de circulation dans la ville, que les conducteurs ne restent d’ailleurs plus, l’Etat a procédé à la construction des parkings gros porteurs afin de libérer les artères principales de la ville de Cotonou. En dehors du parking de Godomey (qui pose aussi problème du fait que la rue pavée bordant le parking est constamment pris en otage par les camions), la délocalisation des parcs de véhicules d’occasion vers Sèkandji et Ekpè ont permis de libérer des espaces pour les camions, notamment dans la bande des 200m et le parking des Cheminots. D’autres points de regroupement ont été créés à hauteur de Glodjigbé. Mais tout cela reste encore insuffisant car le nombre de camions à destination de Cotonou ne cesse d’augmenter du fait de l’accroissement du flux du trafic de marchandises au Port autonome de Cotonou.
 
Mauvaise politique d’urbanisme

L’ampleur du stationnement anarchique des camions gros porteurs dans la ville de Cotonou donne l’impression qu’il s’agit des solutions intermédiaires qui n’annihilent aucunement les problèmes de fonds.

En réalité, les conducteurs de camions gros qui contribuent pour une part importante au fonctionnement de l’économie nationale, ne sont que de simples boucs émissaires de mauvaises politiques d’urbanisme et de transport qui ont été développée jusqu’à présent au Bénin.

Nul n’ignore que la raison de la présence de ces camions dans les rues est le port de Cotonou. 
Aujourd’hui, le port de Cotonou est complètement étouffé par la ville dont le peuplement rapide et l’intensité des activités économiques qu’elle abrite n’ont pas été suivis d’une bonne politique d’urbanisme. Les voies à l’intérieur de la ville sont trop exigus. Certes, il y a eu depuis quelques années, un effort de construction de tronçon sous forme d’autoroute. Mais, les largeurs des voies nouvellement construites ne sont toujours à la dimension de l’enjeu économique de la ville de Cotonou. Pour preuve, lorsque les camions stationnent sur une ligne de nos fameuses autoroutes, la circulation se trouve comprise. La construction des parkings gros porteurs dans les périphéries de la ville, qui constitue une très bonne initiative, ne facilite pas toujours les choses du fait des difficultés liées à la traversée de Cotonou. A toute cela, s’ajoute le transport en commun qui n’est encore une réalité au Bénin. Ce mode de transport devrait réduire sensiblement la circulation des moteurs à deux roues et favoriser par ricochet une fluidité du trafic  dans la capitale économique du Bénin.

Les vrais défis

Une première solution au problème des camions gros-porteurs aurait été le développement d’un trafic ferroviaire qui servirait de liaison entre le port de Cotonou et des parkings gros porteurs construits à des dizaines de kilomètres de Cotonou ou même à Parakou. Cela permettrait alors aux camions qui desservent les pays de l’hinterland de ne plus encombrer la ville. Malheureusement, l’Ocbn (Organisation commune Bénin-Niger pour les chemins de fer) qui se trouve dans un état comateux n’est pas capable de répondre à un tel challenge. De même, un investissement privé dans ce secteur ne serait pas rentable, de l’avis d’un opérateur portuaire, à cause d’un coût élevé de l’investissement dans le chemin de fer et le délai assez long de son amortissement. D’autant que le Bénin avec son marché et son environnement (absence d’infrastructures ferroviaire) n’offre pas de garanties suffisantes à un opérateur privé pour investir dans les chemins de fer.

La solution la plus plausible serait de construire un nouveau port. Ce à quoi réfléchit le pouvoir politique actuel. Mais pour optimiser l’investissement, il est très important de réfléchir au choix du site ainsi que des voies d’accès, dans le sens d’une politique intégrée qui prend en compte toutes les perspectives d’urbanisation de la localité afin que le site ne subisse pas dans les années à venir le sort de Cotonou. En attendant que ces solutions arrivent, les Cotonois continuent de subir la loi des camions gros porteurs qui font planer sur eux, chaque jour encore plus, le spectre d’une sortie sans espoir de retour à la maison.

Gnona

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Sommet Ue-Afrique : La société civile met le pied dans les plats

Posté par gnona le 12 Sat, 08 Dec 2007 08:45:40 +000040 23, 2007

Loin des tapis bleus de la Foire Internationale de Lisbonne (lieu du sommet Ue-Afrique),les organisations de la société civile européenne et africaines ont choisi la faculté des beaux arts de Bruxelles pour organiser un contre sommet autour du slogan : Afrique-Europe, il y a des alternatives.

Sous les feux de la rampe, on retrouve de nombreux mouvements altermondialistes qui ne ratent plus aucun rendez-vous pour dénoncer les effets pervers de la mondialisation qui, selon eux, fait des ravages en Afrique.

‘’ Nous sommes là pour dénoncer l’hypocrisie des Chefs d’Etat africains et européens. Demain, ils diront encore qu’ils parlent en notre nom alors qu’ils ont toujours menées des politiques qui vont l’encontre des peuples qu’ils représentent’’, martèle Timoteo Marcelo de l’Ong ‘’ Solidariedade Imigrante’’ lors d’une conférence de presse tenu ce vendredi, siège du Syndicat des Professeurs du Grand Lisbonne. Pour lui, le sommet Ue-Afrique n’est rien d’autre qu’une nouvelle balade de santé des décideurs africains et européens qui n’apportera pas de solutions concrètes aux problèmes du continent africain. Il estime qu’on ne saurait parler de coopération euro-africaine en fermant les portes de l’Europe à des centaines de jeunes africains qui choissent la voie difficile l’immigration clandestine. ‘’ Le droit de s’installer dans un pays est un droit fondamental. Vous ne pouvez vouloir coopérer avec un pays lorsque vous compliquer la vie à ses ressortissants qui désirent s’installer chez vous’’, dénonce Timoteo Marcelo

Le contre-sommet de Lisbonne entend également mettre en garde les Chefs d’Etat africains, notamment ceux de la région ouest du continent contre toute tentative de signature des accords de partenariats économiques. Selon Ndiogou Fall, Président du Roppa (Réseau des Organisations de producteurs d’Afrique de l’Ouest), les APE comportent d’énormes risques pour les producteurs africains qui seront en concurrence directe avec leurs homologues européens qui bénéficient des subventions et encore davantage de risques pour les Etats qui verront les budgets publics s’éroder à cause de la baisse des tarifs douaniers.

‘’ Nous ne comprenons pas pourquoi on veut obliger nos pays, à coup de promesse d’aide au développement, à baisser les tarifs alors que l’Union européenne continue de d’appliquer 64% de droits de douane sur les importations des produits laitiers sur son territoire’’, s’insurge Ndiogou Fall qui conclut : ‘’ Nous préférons les ressources propres à une aide incertaine’’.

Au-delà de l’étiquette activiste que certains détracteurs semblent lui porter, la réunion des organisations de la société civile se veut surtout une rencontre de propositions sur les grands défis du continent africain. La souveraineté alimentaire, l’immigration  et les changements climatiques constituent aux yeux des altermondialistes des questions essentielles auxquelles il faut trouver des solutions urgentes.

De Lisbonne, Gnona AFANGBEDJI

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